Depuis quelques années, les tampons et serviettes périodiques sont de plus en plus remis en question par les consommatrices. Leur composition souvent opaque et leur inconfort incitent de nombreuses femmes à se détourner de ces produits traditionnels. Face à cette méfiance, les marques innovent et proposent des solutions plus adaptées, parmi lesquelles les culottes menstruelles, qui connaissent un essor remarquable.
EN BREF
- Les culottes menstruelles gagnent en popularité, passant de 7 % d’adoption en 2021 à 45 % en 2023.
- Les marques améliorent le confort et l’efficacité de leurs produits, en utilisant des matières innovantes.
- Le remboursement des protections réutilisables pour les jeunes femmes est attendu pour 2025, facilitant l’accès à ces solutions.
Un marché en pleine expansion
Les culottes menstruelles, bien qu’initialement popularisées aux États-Unis, ont trouvé leur place en France durant la pandémie de Covid-19. Vanessa Causse, prévisionniste de tendances pour le Salon international de la lingerie, souligne que cette période a favorisé une prise de conscience collective sur l’importance de se préoccuper de soi. Depuis leur lancement, le marché a connu une véritable accélération, avec de nombreuses marques indépendantes et des géants du secteur, tels qu’Etam et Dim, qui se sont engagés sur ce segment.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2021, seulement 7 % des personnes ayant leurs règles utilisaient des culottes menstruelles. Ce chiffre a atteint près de 30 % en 2023 et s’élève désormais à 45 %, selon les données de l’Ifop. Ce développement place la France en tant que deuxième marché mondial de ces produits, juste derrière les États-Unis.
Des innovations pour répondre aux besoins
Les marques ont pris en compte les attentes des femmes en matière de confort et d’efficacité. Les premières culottes menstruelles étaient souvent épaisses, peu respirantes et dotées de coutures marquées, mais aujourd’hui, la majorité des marques proposent des modèles plus fins. Ces évolutions reposent sur des matériaux multi-couches, permettant une absorption efficace tout en gérant les odeurs de manière optimale.
Des marques comme Réjeanne, l’une des pionnières sur le marché français depuis 2017, offrent désormais des culottes conçues avec trois couches, utilisant du coton biologique, du tencel et une membrane imperméable. D’autres, comme Smoon, collaborent avec Decathlon pour développer des produits menstruels performants, misant sur des finitions sans couture pour un confort accru.
Les options se sont également diversifiées. Aujourd’hui, les culottes menstruelles sont adaptées selon les flux, avec des modèles renforcés pour la nuit, des culottes pour fuites urinaires et des collections destinées aux adolescentes. Les tailles sont devenues plus inclusives, allant du XXS au 5XL, voire plus.
Un design attrayant et fonctionnel
Les culottes menstruelles ont également évolué en matière de design. Les premiers modèles, souvent simples et aux couleurs neutres, laissent place à une palette variée de couleurs vives et de motifs originaux. L’objectif est clair : passer d’un produit de santé à une pièce de lingerie attrayante, avec des jeux de transparence et de dentelle.
Les marques s’efforcent d’élargir leur gamme pour répondre à des besoins divers. Par exemple, le maillot de bain menstruel, qui a su séduire de nombreuses consommatrices, est désormais proposé par la plupart des acteurs du marché. Selon une responsable de produit chez Decathlon, le maillot de bain menstruel Smoon est l’un des best-sellers du rayon depuis plus de cinq ans.
Un budget à prendre en compte
Malgré leur popularité croissante, les culottes menstruelles représentent un investissement non négligeable. Le prix unitaire varie de 20 à 45 euros, tandis que les vêtements plus élaborés, tels que les maillots de bain ou les shorts de sport, peuvent atteindre 90 euros. Cela pourrait expliquer la stabilisation récente du marché, qui a enregistré une hausse de 47,1 % en 2022, mais une légère baisse de 1,1 % des ventes en 2025. Les experts notent que les consommatrices sont désormais mieux équipées et que la durabilité des produits joue un rôle crucial.
Entre l’adolescence et la ménopause, une femme utilise en moyenne 17 000 protections intimes jetables. À l’inverse, les culottes menstruelles peuvent durer de 5 à 7 ans, un argument que les marques mettent en avant pour justifier l’investissement initial.
Vers un remboursement et une démocratisation
Initialement prévu pour 2024, le remboursement des protections réutilisables pour les jeunes femmes de moins de 26 ans pourrait, une fois mis en œuvre, faciliter l’accès à ces produits. Toutefois, d’autres initiatives sont également nécessaires pour mieux accompagner les femmes. La co-fondatrice de Réjeanne propose d’envisager des collections destinées aux adolescentes et de multiplier les vêtements menstruels, y compris des pyjamas adaptés.
Il est indéniable que les culottes menstruelles ont su s’imposer comme une alternative innovante et confortable aux protections hygiéniques traditionnelles, s’adaptant aux besoins variés des femmes d’aujourd’hui.