Depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi le 1er janvier 2025, les allocataires du RSA bénéficient d’un accompagnement renforcé par France Travail, visant à faciliter leur insertion professionnelle. Avant cette réforme, une phase expérimentale a été réalisée dans 18 territoires de mars 2023 à décembre 2024, avec des résultats encourageants.
EN BREF
- Une augmentation de près de 25 % de l’emploi chez les allocataires du RSA après six mois.
- Des effets positifs observés principalement pour les bénéficiaires ayant commencé l’expérimentation plus tôt.
- Une légère dégradation des perspectives d’emploi pour d’autres demandeurs d’emploi non concernés par l’expérimentation.
Cette expérimentation visait à offrir un accompagnement plus intensif pour les bénéficiaires du RSA, avec un suivi personnalisé adapté à leurs besoins. L’étude conjointe de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et de l’Institut des politiques publiques (IPP) met en lumière l’impact positif de cette initiative.
Un accompagnement efficace
Les résultats montrent une hausse significative de la présence en emploi des allocataires du RSA. Après six mois d’expérimentation, l’emploi des bénéficiaires a augmenté de près de 25 % par rapport à un groupe de contrôle qui n’a pas bénéficié de ce suivi renforcé. Cette tendance se maintient un an après le début de l’expérimentation, avec une prédominance des contrats durables, tels que les CDI et les CDD de plus de six mois.
Cependant, il est important de noter que les effets bénéfiques semblent plus marqués pour les bénéficiaires qui ont intégré le dispositif plus tôt. Cela pourrait s’expliquer par une meilleure proximité avec le marché du travail ou une connaissance accrue de leur situation par France Travail. La Dares souligne également que l’intensité de l’accompagnement a pu varier au fil du temps, influençant ainsi les résultats.
Conséquences inattendues
Malgré ces résultats encourageants, l’expérimentation a également eu des conséquences négatives. En effet, elle a conduit à une légère réduction de l’accompagnement des demandeurs d’emploi indemnisés par l’assurance chômage dans les territoires concernés. De plus, les perspectives d’emploi des bénéficiaires du RSA vivant hors des zones expérimentales, mais dans des bassins d’emploi similaires, se sont légèrement détériorées.
Les auteurs de l’étude notent qu’à court terme, cette initiative semble réallouer des emplois en faveur des bénéficiaires ciblés, plutôt que de générer de nouveaux postes. Néanmoins, cette situation pourrait favoriser une amélioration des perspectives à long terme. Un marché du travail plus dynamique, associé à un meilleur accompagnement des demandeurs d’emploi, pourrait réduire les difficultés de recrutement et inciter les entreprises à créer davantage d’emplois.
En somme, l’expérimentation menée dans le cadre de la loi pour le plein emploi apporte des enseignements précieux. Elle démontre que, tout en visant à améliorer l’accompagnement des bénéficiaires du RSA, il est essentiel de tenir compte des conséquences sur l’ensemble du marché du travail. Le défi reste de trouver un équilibre pour garantir que tous les demandeurs d’emploi, quelle que soit leur situation, bénéficient d’un soutien adéquat.