Explosion des prix du gazole en Europe : la guerre au Moyen-Orient en est la cause

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix des carburants connaissent une forte hausse, en particulier le gazole. Cette situation illustre la vulnérabilité de l’Europe face à sa dépendance énergétique, aggravée par des événements géopolitiques récents.

EN BREF

  • Le gazole a augmenté de 32,7 % en France depuis le début du conflit.
  • Les exportations de gazole du Golfe sont perturbées par les attaques et le blocage du détroit d’Ormuz.
  • La dépendance de l’Europe au gazole moyen-oriental complique la situation d’approvisionnement.

Une dépendance accrue au gazole

Le gazole est un carburant omniprésent, essentiel pour le transport routier de marchandises et de passagers, ainsi que pour l’agriculture et le secteur maritime. Malgré la transition vers des véhicules électriques, sa consommation reste prépondérante en Europe. En 2024, le gazole représentait encore 73 % de la consommation de carburants routiers en France et 66 % en Allemagne, selon un rapport de FuelsEurope.

Une flambée des prix sans précédent

La situation est devenue critique : le cours du gazole européen a récemment dépassé les 200 dollars le baril, un niveau inédit depuis mars 2022. En France, les prix à la pompe ont battu des records, atteignant en moyenne 2,07 euros le litre pour le gazole contre 1,87 euro pour l’essence SP95-E10, la plus courante dans le pays.

Alors que le gazole était historiquement moins cher que l’essence, la tendance s’est inversée ces dernières années en raison de tensions géopolitiques et de changements fiscaux. Le conflit actuel a exacerbé un déséquilibre déjà existant sur le marché, rendant l’approvisionnement en gazole encore plus difficile.

Conséquences des tensions géopolitiques

Les exportations pétrogazières du Moyen-Orient subissent des interruptions dues à des attaques ciblant les infrastructures ainsi qu’au blocage stratégique du détroit d’Ormuz. Cette situation a des répercussions sur l’approvisionnement européen, où le gazole moyen-oriental représente plus de la moitié des importations, soit 554.000 barils par jour en 2025.

La Russie, qui était le principal fournisseur de gazole de l’UE, a vu ses exportations largement affectées par les sanctions imposées depuis l’invasion de l’Ukraine. Les pays européens ont dû se tourner vers d’autres fournisseurs, tels que l’Inde, la Turquie, les États-Unis et l’Arabie saoudite, mais ces nouvelles sources peinent à compenser la perte du gazole russe.

Les limites de l’approvisionnement européen

Les raffineries européennes, notamment celles de TotalEnergies, fonctionnent déjà à pleine capacité, limitant ainsi toute augmentation de la production. Les experts soulignent que l’ajustement des réglages et l’optimisation des opérations ne suffisent pas à résoudre le problème d’approvisionnement. La seule solution envisageable semble être une réduction des exportations d’essence, mais cela reste insuffisant pour pallier le déficit de gazole.

Face à cette crise, l’Europe se retrouve dans une position délicate. Certains experts suggèrent que la façon la plus efficace de résoudre ce déséquilibre serait de rétablir les échanges avec la Russie, une option que l’UE n’envisage pas en raison des sanctions. Le report de maintenances sur les raffineries, l’utilisation des réserves stratégiques et une baisse de la consommation sont des mesures qui pourraient contribuer à atténuer la situation.

En définitive, la flambée des prix du gazole en Europe est le reflet d’une dépendance énergétique problématique et d’une situation géopolitique volatile. Le conflit au Moyen-Orient met en lumière la nécessité pour l’Europe de repenser son approvisionnement énergétique pour éviter de telles crises à l’avenir.