Les récents événements géopolitiques ont eu un impact direct sur les prix des carburants en France. En particulier, la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines en Iran, a entraîné une flambée des cours du pétrole sur les marchés internationaux. Ce phénomène a des effets variés selon le type de carburant utilisé, que ce soit l’essence ou le diesel.
EN BREF
- Le prix du diesel dépasse celui de l’essence en raison de la hausse du baril de pétrole.
- Le diesel est soumis à une fiscalité moins élevée, mais sa demande est forte.
- La France doit importer du diesel, augmentant son prix à la pompe.
Le 9 mars, les prix moyens nationaux, selon le site carbu.com, indiquaient le sans-plomb 95 à 1,86 euro le litre, tandis que le gazole atteignait 2,00 euros. Ce dernier coûtait encore 1,70 euro avant le début du conflit, alors que l’essence était à 1,76 euro. Comment expliquer cette tendance à la hausse, particulièrement pour le diesel ?
Une fiscalité inégale et une demande croissante
Pour comprendre cette dynamique, il est essentiel d’examiner la fiscalité qui encadre ces deux types de carburants. Tous deux sont soumis à la TVA, fixée à 20 %, mais la taxation sur le diesel est légèrement moins élevée en ce qui concerne l’accise, anciennement dénommée TICPE. Actuellement, l’accise sur l’essence est d’environ 0,68 euro par litre, contre 0,61 euro pour le diesel. Cet écart, bien que réduit depuis plusieurs années, influence les prix à la pompe.
La politique fiscale actuelle vise à harmoniser les taxes sur ces carburants afin d’encourager les conducteurs à opter pour des véhicules à essence, jugés moins polluants. Toutefois, le diesel reste majoritaire dans le parc automobile français, ce qui complique cette transition. Le gouvernement procède donc à un ajustement progressif, sans brusquer la majorité des automobilistes.
En parallèle, le marché du diesel est confronté à une demande soutenue. Selon l’INSEE, la consommation de diesel en France a atteint 28 millions de tonnes en 2024, contre seulement 11,1 millions pour l’essence. Cette forte demande, couplée à des capacités de production insuffisantes sur le territoire national, engendre un besoin d’importation pour répondre aux besoins des consommateurs.
Les effets des marchés pétroliers
Les fluctuations des prix du pétrole brut sur le marché international, notamment le baril de Brent, ne sont pas les seuls facteurs déterminants. Le diesel, plus demandé, est vendu à la tonne sur les marchés, tandis que l’essence est généralement moins sollicitée. Au 9 mars, le prix du diesel s’élevait à 1.337,50 dollars la tonne, contre 1.058 dollars pour le sans-plomb 95. Cette différence s’explique par une demande supérieure qui entraîne une augmentation des coûts.
Ce phénomène se répète lors de crises similaires. En 2008, durant la crise financière, le prix du diesel avait brièvement dépassé celui de l’essence. Cependant, c’est surtout en mars 2022, après le début de la guerre en Ukraine, que cette tendance s’était accentuée. Bien que l’essence finisse souvent par rattraper son retard, la situation actuelle laisse présager une hausse des prix pour les deux carburants dans les mois à venir.
En somme, la combinaison de facteurs fiscaux, de la forte demande et des fluctuations des marchés pétroliers explique pourquoi le prix du diesel a considérablement augmenté, le plaçant au-dessus de celui de l’essence. Les consommateurs doivent donc se préparer à faire face à des coûts accrus à la pompe pour les mois à venir.