À Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire, Fabrice, 38 ans, exerce le métier de soigneur animalier au sein du parc zoologique local. Chaque jour, il prépare les rations de plus de 500 animaux avant l’ouverture du zoo au public. Son salaire net mensuel, primes incluses, s’élève à 1 970 €.
EN BREF
- Fabrice est soigneur animalier au zoo de Doué-la-Fontaine.
- Il perçoit un salaire net de 1 970 € par mois, avec diverses primes.
- Le couple fait face à des dépenses fixes importantes, laissant peu de marge de manœuvre.
Marié à Élodie, auxiliaire de puériculture, et père d’un garçon de six ans, Fabrice vit dans un pavillon en location à dix kilomètres du parc. Il explique : « Les gens pensent qu’on fait ce métier par passion et qu’on doit accepter d’être mal payé. C’est vrai pour la passion, faux pour le reste. »
Le salaire de base de Fabrice est de 1 780 € nets, fixé selon la grille des soigneurs animaliers, après 12 ans d’ancienneté. Le zoo emploie une trentaine de soigneurs, chacun étant affecté à un secteur spécifique : félins, primates, oiseaux ou pachydermes.
En plus de son salaire de base, Fabrice bénéficie d’une prime pour les dimanches et jours fériés, qui représente environ 130 € nets mensuels, calculée sur le nombre de jours travaillés le week-end. Il effectue également une astreinte nocturne par mois, généralement pour surveiller les naissances ou s’assurer du bien-être des animaux malades, ce qui lui rapporte 60 € nets. Le couple reçoit aussi une prime d’activité de 95 € nets, en raison de leurs revenus modestes.
Leur logement, une maison de 75 m² avec jardin, est loué pour 620 € par mois, charges non comprises. Fabrice indique qu’il a dû chercher longtemps avant de dénicher un loyer aussi abordable, le marché immobilier étant tendu, même à Doué-la-Fontaine. En plus du loyer, ils doivent assumer 45 € de charges locatives mensuelles, ainsi que des coûts d’électricité et de chauffage pouvant atteindre 145 €, avec des pics à 220 € en hiver.
Les dépenses s’accumulent : assurance habitation à 22 €, assurance auto pour deux véhicules à 78 €, et crédit auto de 145 € par mois pour la Clio d’occasion d’Élodie. Les forfaits mobiles et l’abonnement internet-box ajoutent respectivement 25 € et 32 € au budget familial. La mutuelle familiale, essentielle selon Fabrice, coûte 68 € mensuels, en raison des risques inhérents à son métier.
Leur fils étant encore jeune, les frais de cantine et de garderie s’élèvent à 95 € par mois. Au total, les charges fixes approchent 1 275 €, laissant peu de marge une fois le salaire encaissé. Le budget alimentation est d’environ 380 € par mois pour trois personnes, avec des courses effectuées principalement dans des supermarchés discount.
Les sorties en famille sont rares, privilégiant un cinéma par mois, budgété à 30 €, et un restaurant tous les deux mois pour environ 45 €. Les vêtements pour leur enfant représentent encore 40 € mensuels. Un avantage non négligeable de leur métier est l’accès gratuit au zoo pour leur famille, ce qui leur permet de profiter des activités sans frais supplémentaires.
Les vacances d’été se résument généralement à une semaine en camping chez la belle-famille, budgetée à 250 € pour l’essence et les courses. Les imprévus ne sont pas pris en compte, et une fois toutes les dépenses réglées, il reste entre 40 € et 60 € en fin de mois. Fabrice souligne : « On ne part jamais de zéro, mais il n’y a pas de quoi voir venir un imprévu sérieux. »
Bien qu’ils n’épargnent pas beaucoup, le couple alimente un livret A de 20 € par mois, pour un total d’environ 850 €. Cette petite épargne est destinée à faire face à des dépenses imprévues, comme une panne de voiture. Leur projet est de déménager dans un logement plus grand d’ici deux ou trois ans, une fois leur crédit automobile soldé.
Fabrice, n’ayant pas de complémentaire retraite ni d’investissement, fait face à une situation difficile. Il constate que son métier, comme d’autres professions passionnantes mais mal rémunérées, illustre bien la difficulté de vivre de sa passion. Il conclut : « On vit avec ce qu’on a, sans se plaindre, mais je ne dirais pas non à une revalorisation. » Avec un salaire légèrement inférieur au salaire médian français, Fabrice représente bien ces métiers passionnels souvent sous-évalués financièrement.