Fin de l’exonération fiscale pour la prime de la médaille du travail en 2026

Les salariés ayant consacré 20, 30 ou 40 années à leur entreprise vont devoir faire face à une mauvaise nouvelle. La prime associée à la médaille d’honneur du travail, qui jusqu’ici échappait à l’impôt, sera désormais soumise à l’impôt sur le revenu à compter du 1er janvier 2026. Cette décision, issue de la loi de finances 2026, risque d’affecter significativement le pouvoir d’achat de nombreux travailleurs en fin de carrière.

EN BREF

  • La prime de la médaille d’honneur du travail devient imposable à partir de 2026.
  • Cette prime, souvent significative, était exonérée jusqu’à présent.
  • Les salariés doivent anticiper l’impact fiscal de cette mesure.

La médaille d’honneur du travail, mise en place il y a plus de 75 ans, récompense les salariés pour leur ancienneté et leur dévouement. Elle se décline en quatre échelons : argent après 20 ans, vermeil après 30 ans, or après 35 ans et grande médaille d’or après 40 ans de service. Cette reconnaissance est officielle et encadrée par l’État, mais elle s’accompagne également d’une prime versée par l’employeur.

Dans certains secteurs, cette prime peut représenter jusqu’à un mois de salaire, voire trois mois pour la grande médaille d’or. Cela représente un soutien financier non négligeable, surtout pour ceux qui approchent de la retraite. Jusqu’à présent, les salariés bénéficiaient d’un avantage fiscal, car si la prime ne dépassait pas un mois de salaire, elle était totalement exonérée d’impôt.

Cette situation a pris fin. L’article 17 de la loi de finances pour 2026 abroge une disposition du Code général des impôts. À partir de 2026, chaque euro touché au titre de la médaille du travail sera imposable, ce qui pourrait entraîner une perte nette significative pour les salariés, selon leur tranche d’imposition.

Pour ceux qui percevaient une prime équivalente à un mois de salaire, la perte nette pourrait atteindre plusieurs centaines d’euros. Cette décision ne constitue pas simplement une mesure administrative, mais un signal fort à l’intention des salariés expérimentés : leur fidélité est reconnue, mais l’avantage financier qui l’accompagnait est désormais réduit.

La mesure ne s’applique qu’aux primes versées à partir du 1er janvier 2026. Ainsi, si vous avez reçu votre prime en 2025 ou avant, elle reste exonérée. En revanche, toute prime perçue en 2026 devra être intégrée dans votre déclaration de revenus en 2027, ce qui pourrait surprendre de nombreux salariés.

Il est à noter que la médaille d’honneur du travail, bien que reconnue, reste méconnue du grand public. Les démarches pour l’obtenir sont souvent gérées par les ressources humaines, sans que les salariés ne s’intéressent à l’aspect fiscal. Beaucoup pourraient donc découvrir cette nouvelle réalité lors de leur déclaration d’impôts.

Pour ceux qui approchent des 20, 30, 35 ou 40 ans d’ancienneté, il est conseillé de vérifier dès à présent avec le service des ressources humaines le montant de la prime prévue et d’en évaluer l’impact fiscal. Par exemple, un salarié imposé à 30 % sur une prime d’un mois de salaire de 2 500 euros pourrait perdre 750 euros nets par rapport à l’ancien système.

La situation est encore plus délicate pour ceux dont la convention collective prévoit des primes allant jusqu’à trois mois de salaire. Dans ces cas, la facture fiscale pourrait dépasser 2 000 euros. Ce qui était jusqu’alors un bonus appréciable devient un revenu imposable, ce qui nécessite d’être anticipé.

En somme, la médaille d’honneur du travail demeure, mais sa prime a perdu son attrait fiscal. Les salariés concernés doivent s’informer et anticiper cette évolution afin d’éviter une surprise désagréable lors de leur déclaration fiscale en 2027. Cette situation soulève également des interrogations sur la reconnaissance financière des années de service, alors que l’État semble réduire les bénéfices associés à la fidélité des travailleurs.