Ce week-end, trois individus ont été mis en examen en France dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de financement du Hamas. Les investigations, menées entre Paris et Washington, ont abouti à des révélations inquiétantes concernant ces personnes, qui sont également listées sur une liste noire américaine.
EN BREF
- Trois des cinq suspects liés au financement du Hamas ont été mis en examen.
- Ils auraient collecté plus de deux millions de dollars pour l’organisation.
- Des associations caritatives sont au cœur de cette affaire complexe.
Les mis en examen, identifiés comme Faouzi B., son frère Nordine B., et Amel O., sont associés à des organisations caritatives en France. Faouzi B., responsable de l’association « Baraka » en Gironde, et Amel O., dirigeant de « Ensemble C Mieux » dans la Loire, sont accusés d’avoir participé à un réseau de financement qui aurait transféré des fonds au Hamas. Selon les autorités américaines, ces individus auraient collecté plus de deux millions de dollars sur plusieurs années.
Les charges qui pèsent contre eux incluent « financement d’entreprise terroriste », « abus de confiance en bande organisée » et « blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ». Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a confirmé ces poursuites, tout en maintenant l’anonymat sur l’identité des suspects, contrairement aux informations divulguées par les États-Unis.
Nordine B. a été placé sous contrôle judiciaire, tandis que son avocat a choisi de ne pas s’exprimer sur l’affaire. En revanche, Faouzi B. a été incarcéré provisoirement, en attendant un débat contradictoire qu’il a demandé. Son avocate, Me Lucie Simon, a défendu son client en affirmant qu’il avait uniquement participé à des activités humanitaires. Amel O., quant à elle, a vu son contrôle judiciaire ordonné par le juge des libertés, son avocat soutenant qu’elle n’a aucun lien avec le mouvement terroriste.
Les deux autres suspects, dont les noms n’ont pas été révélés, ont également été placés sous contrôle judiciaire. Ils sont accusés d’avoir contribué, à travers leurs associations, à faire parvenir des fonds à un collecteur de fonds pour le Hamas, une accusation qu’ils contestent.
Les interpellations ont eu lieu mardi dernier, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en avril. Les cinq suspects ont été déférés après leur garde à vue. Les autorités américaines, via le bureau des sanctions du ministère des Finances (OFAC) et le département de la Justice, ont précisé que Faouzi B. et Amel O. étaient à la tête d’associations caritatives prétendument dédiées à l’aide humanitaire pour les civils de Gaza.
Cependant, d’après l’OFAC, les fonds collectés auraient été détournés par le Hamas, en particulier via un membre de sa branche armée basé à Gaza, Saleem al-Zaq. L’agence américaine a affirmé que, sur une période de six ans, Faouzi B. et Amel O. auraient réussi à collecter plus de deux millions de dollars pour le Hamas, dont 1,5 million de dollars après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Les deux responsables associatifs auraient aussi fait parvenir des centaines de milliers de dollars en cryptomonnaies à al-Zaq, qui a utilisé les réseaux sociaux pour promouvoir leurs collectes. Les sanctions imposées par les États-Unis entraînent le gel des avoirs des personnes concernées aux États-Unis et interdisent aux entreprises américaines, comme Mastercard, d’avoir des relations financières avec elles, sous peine de sanctions.
Cette affaire met en lumière les complexités entourant le financement des organisations caritatives et leur utilisation potentielle à des fins douteuses. Les développements futurs de cette enquête seront scrutés de près, tant par les autorités françaises qu’internationales.