Financer un Ehpad : les aides disponibles pour alléger la facture

Le coût d’une chambre en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) peut rapidement devenir un fardeau financier pour de nombreuses familles. Alors que la pension moyenne des retraités s’élève à 1 705 € bruts par mois, les tarifs des Ehpad varient énormément, allant généralement de 2 000 € à 3 000 € par mois, voire plus. Face à cette réalité, il est essentiel de s’informer sur les différentes aides financières disponibles pour alléger cette facture.

EN BREF

  • Le coût moyen d’un Ehpad dépasse souvent les revenus des retraités.
  • Des aides comme l’ASH peuvent couvrir les frais liés à l’hébergement.
  • Il est crucial de comparer les établissements avant de faire un choix.

Les professionnels du secteur recommandent de ne pas attendre une situation de crise pour se renseigner sur les différentes options. En effet, les tarifs des établissements varient considérablement, tout comme leur éligibilité à certaines aides financières. Marielle Goulet, directrice du Centre local d’information et de coordination Nord Ouest Autonomie, souligne l’importance de comparer les établissements avant de prendre une décision. Cela pourrait permettre d’économiser plusieurs centaines d’euros par mois.

Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), une place non habilitée à l’aide sociale à l’hébergement (ASH) coûte en moyenne 97,60 € par jour, alors qu’une place habilitée coûte environ 62,30 €. Cela représente près de 1 000 € d’écart par mois. Les établissements publics, quant à eux, affichent des tarifs proches de 60 € par jour. Il est donc conseillé de consulter les tarifs et l’habilitation à l’ASH sur le site officiel dédié aux personnes âgées.

Il est également important de noter que les tarifs affichés peuvent prêter à confusion. Éric Préjan, directeur de l’Ehpad Le Bois Soleil, à Bois-d’Arcy, rappelle que les familles ne réalisent souvent pas le montant total à payer, car les prix sont souvent présentés sur une base journalière. Pour avoir une idée précise des coûts mensuels, il faut multiplier le tarif quotidien par le nombre de jours dans le mois et ajouter le tarif dépendance, qui peut atteindre plus de 600 € par mois.

Les frais supplémentaires, tels que le téléphone, la télévision en chambre ou les activités extérieures, peuvent également alourdir la facture. En cas d’urgence, sachez que vous n’êtes pas engagé à demeurer dans un Ehpad spécifique. Vous pouvez changer d’établissement si cela s’avère nécessaire.

Il existe plusieurs aides pour soutenir le financement des séjours en Ehpad :

  • Dotation soins : versée par l’Assurance maladie, elle représente environ 60 € par jour, soit près de 1 800 € par mois, mais elle n’apparaît pas sur les factures.
  • Aide personnalisée d’autonomie (APA) : destinée aux résidents de plus de 60 ans en perte d’autonomie, cette aide peut atteindre jusqu’à 500 € par mois selon les ressources.
  • Aide au logement : versée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA), elle peut contribuer à réduire la facture mensuelle.
  • Aide sociale à l’hébergement (ASH) : elle couvre les frais lorsque les ressources sont insuffisantes pour payer. En fin 2022, 114 600 personnes âgées en bénéficiaient.

Pour bénéficier de l’ASH, il est nécessaire de faire une demande dans les deux mois suivant l’entrée en Ehpad, en fournissant tous les justificatifs nécessaires. Cela se fait auprès d’un centre communal d’action sociale ou d’une mairie. Attention, les personnes ayant une épargne suffisante pour financer leur séjour peuvent voir leur demande rejetée.

Il est également crucial de comprendre que l’ASH ne couvre pas forcément l’intégralité des frais. En effet, 90 % des revenus du résident peuvent être alloués au financement de son hébergement, laissant une somme minimale pour ses besoins personnels.

En outre, la loi « Bien vieillir » a modifié certaines dispositions concernant l’obligation alimentaire, excluant les petits-enfants de cette obligation dans le cadre d’une demande d’ASH. Les règles varient d’un département à l’autre, ce qui complique davantage la compréhension du système.

Il est conseillé de consulter un professionnel pour toute question liée à la succession, notamment en cas d’héritage, car la créance de l’ASH peut être récupérée sur l’actif net de la succession après le décès du bénéficiaire.

Face à la complexité des aides et des établissements, il est essentiel de bien se renseigner et de comparer les options afin de faire le meilleur choix pour soi ou pour un proche.