La guerre au Moyen-Orient a provoqué des turbulences significatives sur les marchés financiers, ravivant des craintes d’inflation. Alors que la flambée des prix des hydrocarbures se poursuit, les places boursières réagissent fortement, illustrant les tensions économiques exacerbées par le conflit en cours.
EN BREF
- Les marchés boursiers européens ont enregistré de fortes baisses en raison de la guerre au Moyen-Orient.
- Le prix du baril de pétrole Brent a dépassé 85 dollars, entraînant des inquiétudes inflationnistes.
- Les taux d’intérêt des dettes d’État en Europe augmentent, reflétant les craintes d’une stagflation.
Les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient se font ressentir à l’échelle mondiale, avec des marchés financiers en pleine turbulence. La Bourse de Paris a enregistré une perte de 3,46%, tandis que Londres a chuté de 2,75% et Francfort de 3,44%. À Wall Street, le Dow Jones a également connu un recul de 0,83%, mettant en lumière l’angoisse des investisseurs face à une possible montée de l’inflation.
Les experts, comme Kevin Thozet de Carmignac, soulignent que le conflit a engendré une hausse significative des prix des hydrocarbures. Cette situation rappelle les crises précédentes, en particulier celle causée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. En effet, l’Europe, fortement dépendante des importations de gaz et de pétrole, se retrouve à nouveau confrontée au spectre d’une crise inflationniste.
Au quatrième jour de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, Téhéran a intensifié ses attaques, ciblant des sites liés aux États-Unis dans le Golfe. Les bombardements israéliens continuent également de frapper simultanément l’Iran et le Liban. Le passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial est désormais au cœur des préoccupations, avec des menaces iraniennes de bloquer tout navire tentant d’y accéder.
Cette escalade a provoqué une forte augmentation des prix du pétrole, avec le baril de Brent dépassant les 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024. À la clôture de la séance, il affichait une hausse de 4,71% à 81,40 dollars, tandis que le baril de West Texas Intermediate a terminé à 74,56 dollars, en hausse de 4,67%.
Les craintes d’une hausse des prix de l’énergie ne s’arrêtent pas là. Le gaz européen a brièvement atteint plus de 65 euros le mégawattheure, un niveau inégalé depuis janvier 2023. Depuis le début de l’année, le prix du gaz a grimpé de près de 90%.
Les analystes, tels que Neil Wilson de Saxo Markets, anticipent que même si le conflit reste localisé, il pourrait avoir un impact considérable sur la croissance européenne, relançant ainsi l’inflation. Kathleen Brooks, de XTB, se demande si nous ne sommes pas en train de revivre un scénario similaire à celui de 2022, lorsque la flambée des prix de l’énergie avait entraîné une inflation mondiale.
En Europe, le risque de stagflation, soit une combinaison de hausse des prix et de faible croissance, devient une préoccupation majeure pour les investisseurs. Philip Lane, le chef économiste de la Banque centrale européenne, a déjà averti que la hausse des prix de l’énergie pourrait exercer une pression inflationniste à court terme. David Kruk, de La Financière de l’Échiquier, ajoute que cela pourrait compromettre les baisses de taux des banques centrales.
En conséquence, les taux d’intérêt des dettes d’État, traditionnellement considérées comme des valeurs refuges, ont commencé à augmenter. Le taux à dix ans de la dette allemande, référence en Europe, a bondi à 2,74%, tandis que son équivalent français a atteint 3,37%, en hausse par rapport à 3,20% avant le début du conflit. Le taux d’intérêt britannique a également grimpé à 4,46%.
Dans ce contexte d’incertitude, le dollar américain s’est renforcé, profitant de la méfiance des investisseurs envers l’économie européenne. Le billet vert a progressé de 0,65% face à l’euro, se négociant à 1,1613 dollar pour un euro. En revanche, l’or, souvent perçu comme une valeur refuge, a perdu 4,29%, se chiffrant à 5.094,01 dollars l’once.
Les événements actuels soulignent l’interconnexion entre les conflits géopolitiques et les marchés financiers. Alors que les tensions au Moyen-Orient persistent, les investisseurs doivent naviguer dans un paysage économique incertain, marqué par des fluctuations des prix de l’énergie et des taux d’intérêt en hausse.