Flambée des prix du café : +46 % en un an, un luxe devenu quotidien

Dans le contexte actuel de hausse des prix, certains produits du quotidien, naguère considérés comme abordables, voient leur coût s’envoler. Parmi eux, le café, qui a connu une augmentation spectaculaire de son prix au cours de l’année écoulée. Alors que les prix à la consommation semblent se stabiliser, le café se distingue par une flambée sans précédent, impactant ainsi les habitudes des consommateurs français.

EN BREF

  • Le prix du café a augmenté de 46 % en un an, touchant particulièrement les paquets de 250 g.
  • Les récoltes au Brésil et au Vietnam sont fragilisées par des conditions climatiques extrêmes.
  • Les consommateurs modifient leurs habitudes d’achat, faisant du café un luxe à considérer.

En janvier 2026, les indicateurs économiques affichent une hausse modérée des prix à la consommation, avec une augmentation de seulement 0,3 % sur un an. Dans le secteur alimentaire, la hausse se limite à 1,9 %, sauf pour un produit incontournable : le café, dont certains paquets affichent une augmentation vertigineuse allant jusqu’à 46 % en un an. Ce changement a de quoi faire réfléchir les consommateurs sur leur tasse de café matinale.

Une enquête récente, portant sur 52 références de cafés vendus en drive, révèle que le prix moyen du café a bondi de 18 % en un an et de 23 % en deux ans. Actuellement, le kilo de café se vend autour de 31 €/kg dans les magasins, avec des paquets de café en grains ou moulus à environ 20 €/kg, tandis que les capsules atteignent des prix exorbitants, frôlant les 60 €/kg.

Les cafés en grains ou moulus sont particulièrement touchés, avec une hausse d’environ 26 % sur un an. La matière première joue un rôle crucial dans ce segment, contrairement aux capsules où les coûts d’emballage et de marketing pèsent davantage. De plus, les cafés issus du commerce équitable, bien qu’ayant également augmenté d’environ 20 %, résistent un peu mieux à cette inflation.

Un exemple frappant est celui du café moulu Carte Noire, un produit phare dans les placards français. En 2024, il se vendait en moyenne 4,12 € pour un paquet de 250 g, tandis qu’en 2025, son prix a atteint 6,03 €, soit une augmentation impressionnante de 46 % en seulement un an. Cette situation a conduit l’association de consommateurs UFC-Que Choisir à s’interroger : « Boire une tasse de café deviendra-t-il un luxe ? »

Cette flambée des prix s’explique en grande partie par des conditions climatiques défavorables. Les récoltes de café au Brésil et au Vietnam, principaux producteurs d’arabica et de robusta, ont été gravement affectées par des épisodes de sécheresse, d’inondations et de gel. Sur les marchés, le prix de la livre de café brut a presque doublé, passant de moins de 2 dollars début 2024 à 3 ou 4 dollars en 2025, alimenté par des craintes de pénuries et la spéculation, alors que la demande mondiale demeure forte.

Les conséquences de cette hausse se font sentir dans le quotidien des Français. Ce qui était auparavant un achat automatique devient désormais une dépense à surveiller de près. Les consommateurs se mettent à comparer les prix au kilo, hésitent entre moulu et capsules et, pour beaucoup, les marques habituelles laissent place à des options moins coûteuses. Certains se réservent les capsules pour des moments de plaisir, tandis que d’autres adoptent le café en grains ou moulu pour le quotidien afin de maîtriser leur budget.

La recherche d’économies reste une priorité. Cela inclut le choix des formats les plus avantageux, l’optimisation des achats en traquant les promotions et la réduction du gaspillage. Parallèlement, une partie des consommateurs choisit d’investir davantage dans des cafés issus du commerce équitable, qui, malgré leur augmentation, demeurent moins affectés que certaines grandes marques. Ce changement de mentalité souligne un passage du café, simple boisson chaude, à un petit plaisir qui doit désormais être budgétisé avec soin.