Le marché pétrolier connaît une nouvelle flambée des prix. Le baril de Brent de la mer du Nord a enregistré une progression de plus de 4 % pour atteindre 79,13 dollars. Cette hausse est directement liée à l’annonce faite par l’Iran ce week-end concernant la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, un passage crucial pour le transport de pétrole.
EN BREF
- Le baril de Brent atteint 79,13 dollars, en hausse de 4 %.
- L’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage stratégique.
- Les tensions militaires entre l’Iran et les États-Unis se sont intensifiées.
Cette situation s’inscrit dans un contexte de tensions militaires croissantes entre l’Iran et les États-Unis. En effet, après presque 40 jours de bombardements dans un conflit qui a débuté suite à des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu avait été instauré en avril, avant d’être confirmé par un protocole d’accord signé le 17 juin. Cependant, des escarmouches régulières ont repris autour du détroit d’Ormuz, particulièrement depuis le 7 juillet, date à laquelle des attaques ont été signalées contre des navires traversant cette voie navigable vitale.
Les États-Unis ont récemment accusé l’Iran d’avoir frappé le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, dans le détroit d’Ormuz. En réponse à ces actes, la diplomatie iranienne a fermement condamné les bombardements américains sur des zones vastes de l’ouest et du sud de l’Iran, y compris l’île de Qeshm et Bandar Abbas, mais aussi la province du Khouzistan, limitrophe de l’Irak. Téhéran reproche à Washington d’avoir anéanti tous les efforts déployés ces derniers mois pour restaurer la paix dans la région.
En représailles, les Gardiens de la Révolution iranienne ont affirmé avoir bombardé des bases militaires américaines situées dans le Golfe, notamment en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït. António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a appelé les deux parties à faire preuve de retenue et à reprendre d’urgence les négociations.
Le texte de l’accord de cessez-le-feu prévoyait la réouverture du détroit, par lequel transite auparavant environ un cinquième du pétrole mondial. Cependant, Téhéran n’autorise qu’un couloir de navigation le long de ses côtes, menaçant les navires qui choisiraient de contourner cet itinéraire. Les autorités iraniennes souhaitent mettre en place des droits de passage, rendant la situation encore plus complexe.
Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a déclaré que « ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d’Iran le protégera ». De son côté, le commandement américain pour le Moyen-Orient a assuré qu’il restait ouvert et que l’Iran ne contrôlait pas le détroit, affirmant que la circulation maritime s’y poursuivait normalement.
La volatilité des prix du pétrole liée à ces tensions géopolitiques pourrait avoir des répercussions considérables sur les marchés mondiaux et la consommation d’énergie, dans un contexte où la demande reste déjà élevée. Les prochaines semaines seront donc cruciales pour observer l’évolution de cette situation tendue ainsi que ses impacts économiques.