Les tensions croissantes au Moyen-Orient ont provoqué une montée spectaculaire des prix du pétrole, qui a dépassé la barre symbolique des 100 dollars le baril pour la première fois depuis juillet 2022. Ce lundi matin, le baril de WTI, référence sur le marché américain, s’est échangé à 113,90 dollars, en hausse de 25,30% après avoir atteint un pic à 30%, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord a flambé à 114 dollars, un bond de 22,99%.
EN BREF
- Les prix du pétrole atteignent des sommets historiques en raison du conflit au Moyen-Orient.
- Le détroit d’Ormuz, clé de l’approvisionnement mondial, est quasi-paralysé.
- Les États-Unis mettent en place des mesures pour sécuriser le passage des tankers.
Depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le prix du WTI a connu une augmentation de 70%, un phénomène sans précédent sur une période aussi courte. À titre de comparaison, même l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’avait pas entraîné de tels mouvements sur les marchés pétroliers. Le contexte actuel, marqué par les dommages aux infrastructures énergétiques et le blocage de routes stratégiques, a exacerbé les craintes des investisseurs.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% de l’offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, reste un point de tension majeur. La paralysie presque totale du passage maritime a contribué à la flambée des prix, le baril ayant franchi le seuil des 100 dollars dès la réouverture des échanges après le week-end.
En parallèle, le prix du gaz en Europe a également enregistré une hausse significative, grimpant d’environ 30% ce lundi, suite à la flambée des cours du pétrole. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence en Europe, a ouvert à 66 euros le mégawattheure, avec une augmentation de 23,63% à la suite de cette escalade.
Cette situation a des répercussions directes sur les consommateurs, notamment aux États-Unis, où Donald Trump a réagi sur son réseau social Truth Social en qualifiant la hausse des prix de « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité ». Il a également prédit une chute rapide des cours une fois la menace nucléaire iranienne neutralisée.
Pour contrer cette flambée, l’Agence américaine de développement DFC a annoncé la création d’un mécanisme de réassurance, destiné à faciliter la couverture des risques associés au détroit d’Ormuz, avec un montant pouvant atteindre 20 milliards de dollars. Chris Wright, ministre américain de l’Énergie, a précisé que les États-Unis collaboraient avec des navires souhaitant quitter le Golfe persique, évoquant un retour à la normale du trafic maritime dans un avenir proche.
Cependant, les mesures annoncées n’ont pas suffi à apaiser les craintes des acteurs du marché. Des informations font état d’une circulation quasi-inexistante dans le détroit, avec seulement quelques navires, principalement chinois, ayant réussi à passer. Lloyd Chan, analyste à la banque MUFG, souligne que « les perturbations de l’approvisionnement s’intensifient » et parle d’un véritable choc pétrolier.
Les inquiétudes ne se limitent pas au détroit d’Ormuz. L’Arabie Saoudite a également intercepté plusieurs drones menaçants se dirigeant vers le gisement de pétrole de Shaybah, déjà attaqué. Parallèlement, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak ont annoncé une réduction de leur production, l’Irak mentionnant une baisse d’environ 3 millions de barils par jour. Les frappes israéliennes visant des installations de stockage de carburant en Iran ajoutent une couche supplémentaire d’incertitude sur la production d’hydrocarbures dans la région.
Alors que la situation demeure volatile, les marchés de l’énergie continuent d’évoluer sous l’emprise des développements au Moyen-Orient. Les mois à venir seront cruciaux pour évaluer l’impact durable de ce conflit sur les prix des matières premières et sur l’économie mondiale.