La sécheresse persistante met à mal le monde du football amateur en France, touchant directement les 2,3 millions de licenciés. À l’approche de la rentrée, les conditions de jeu se sont détériorées, avec des terrains devenus quasi impraticables, souvent durs comme du béton. Les clubs doivent composer avec cette réalité, certains matchs devant même être reportés par précaution.
EN BREF
- Les terrains en herbe sont asséchés, rendant les conditions de jeu difficiles.
- Des matchs sont reportés, notamment en Pays de Loire et à Laval.
- La Fédération française de Football envisage des solutions, y compris des terrains synthétiques.
La situation sur le terrain est alarmante. Avec près de 25.000 terrains en herbe à travers le pays, l’absence d’eau et d’entretien a conduit à un état de dégradation avancée. La plupart des terrains sont désormais jaunis, sans aucune verdure visible, et composés de terre dure et de brindilles. C’est dans ce cadre difficile que les entraînements ont repris, notamment pour les enfants, marquant leur retour à l’école et sur le terrain.
À Cernay-la-Ville, dans les Yvelines, Arnaud Robert, dirigeant et joueur, témoigne des conditions chaotiques d’un entraînement récent. « C’était un entraînement après un orage. Le problème, c’est que la pluie ne s’infiltre pas, donc elle crée de la boue au-dessus. Quand on tombe, le terrain est dur comme du béton, ce qui fait mal », explique-t-il. Ce constat est partagé par de nombreux clubs, qui doivent s’adapter à ces nouvelles normes de jeu.
Malgré les difficultés, tous les clubs ne choisissent pas de reporter leurs matchs. Dans des régions comme la Bretagne et la Normandie, certains continuent de jouer, tandis qu’ailleurs, comme en Pays de Loire, des décisions sont prises pour annuler les rencontres. À Laval, un arrêté a été émis pour interdire les entraînements sur les pelouses naturelles jusqu’à la fin du mois, obligeant les clubs à chercher d’autres terrains.
Les jeunes footballeurs, en particulier, doivent apprendre à naviguer sur ces surfaces difficiles. Pour éviter les blessures, les entraîneurs incitent les enfants à rester debout pour récupérer le ballon plutôt que de plonger dans des tacles risqués. C’est une adaptation nécessaire, bien que loin d’être idéale.
Pour remédier à ce problème, l’installation de terrains synthétiques apparaît comme une solution envisageable. Ces surfaces, plus résistantes et nécessitant moins d’entretien, gagnent en popularité. Pierre Laurent Brofferio, président du club de l’Olympique Antibes Juan-les-Pins, exprime sa satisfaction quant à cette option. « Le synthétique revient au goût du jour, malgré les préoccupations environnementales passées », souligne-t-il.
Les enjeux climatiques ne se limitent pas à la sécheresse. Les orages et les inondations représentent également des défis pour les infrastructures sportives. La Fédération française de Football a d’ores et déjà mis en place une cellule de réflexion pour aborder ces problématiques. Actuellement, sur les 30.000 terrains recensés en France, seulement 4.000 sont synthétiques, représentant 13% du total. Le coût d’un terrain synthétique varie entre 500.000 et 1 million d’euros, un investissement souvent majoritairement pris en charge par les communes.
À l’heure où le football amateur s’efforce de maintenir ses activités, les conséquences de la sécheresse et des conditions climatiques extrêmes soulèvent des questions cruciales sur l’avenir des infrastructures sportives. Le défi est de taille et nécessite des solutions innovantes pour garantir la pérennité du football amateur en France.