Le 1er juillet dernier, François Patriat accordait un ultime entretien avant de tirer sa révérence à la vie politique. À 83 ans, le sénateur bourguignon, fidèle d’Emmanuel Macron, a laissé derrière lui un héritage politique significatif, marqué par des décennies d’engagement au service des autres.
EN BREF
- François Patriat est décédé à 83 ans, après une carrière politique de près de cinquante ans.
- Il a partagé ses réflexions sur l’évolution de la politique française dans un dernier entretien.
- Fidèle à Emmanuel Macron, il a évoqué les défis contemporains et sa vision du pouvoir.
François Patriat, homme de convictions et de passions, a débuté sa carrière politique en 1976 en tant que conseiller général. Il se rappelle avec émotion de son ascension, notamment en tant que maire de sa commune, où il a su inverser une courbe démographique défavorable. Élu député en 1981, il a connu de grands moments, dont l’abolition de la peine de mort, qu’il considère comme un acte de foi politique. Tout au long de sa carrière, il a été un homme de dialogue, prônant l’innovation et la solidarité, tant au sein de la région Bourgogne que sur la scène nationale.
Dans son dernier entretien, il a évoqué les changements marquants survenus dans le paysage politique français. Le sénateur a exprimé son désarroi face à l’évolution des pratiques politiques, notamment l’impact des réseaux sociaux, qu’il évite soigneusement. Il a déploré la diminution de la participation citoyenne et la baisse du niveau des débats, qu’il juge souvent marqués par la violence et le mépris.
François Patriat a également partagé son admiration pour Emmanuel Macron, qu’il a décrit comme un leader charismatique, mais il a souligné les défis qu’il a rencontrés. Son engagement à soutenir Macron l’a conduit à être critiqué par certains de ses pairs, mais il a toujours défendu l’idée que le président était le fruit d’une longue histoire politique, culminant dans un besoin de réformes profondes mais inachevées.
« Quand j’ai rencontré Macron, j’ai dit : ‘Voilà du Rocard que je comprends !’ », a-t-il déclaré, faisant référence à son admiration pour Michel Rocard et à la continuité de cette vision dans le travail de Macron. Pour lui, la politique n’était pas seulement une quête de pouvoir, mais une passion, une manière de contribuer à la société.
Patriat a aussi souligné les défis auxquels le président fait face, notamment des crises multiples qui ont jalonné son mandat, allant des Gilets jaunes à la crise sanitaire, en passant par la guerre en Ukraine. Selon lui, ces événements ont façonné la politique actuelle, rendant les réformes plus complexes.
En évoquant la succession, il a mentionné François Rebsamen, ancien maire de Dijon, comme son successeur probable au Sénat. Patriat a réfuté l’idée qu’il ait trahi ses origines socialistes, insistant sur sa fidélité à ses valeurs de toujours, qu’il associe à une vision politique de production de richesse avant redistribution.
À 83 ans, tout en gardant un esprit vif et un engagement fort, François Patriat a décidé de passer le flambeau, arguant que c’était le moment idéal pour laisser la place à la nouvelle génération. « De la politique ! Si je peux être utile, je le serai, différemment », a-t-il conclu, laissant entrevoir un avenir où il pourrait encore contribuer à la vie politique, mais sans les tensions du passé.
François Patriat laisse derrière lui un parcours riche en enseignements, une empreinte indélébile dans le paysage politique français, et un appel à un engagement renouvelé pour tous ceux qui souhaitent servir leur pays.