Françoise Laborde évacuée de son refuge au Cap Ferret à cause des incendies

Françoise Laborde, ancienne journaliste, a été contrainte de quitter son domicile au Cap Ferret à la suite des violents incendies ravageant la Gironde depuis le 21 juillet. Contactée par Gala.fr, elle a partagé son expérience de cette évacuation d’urgence qui a bouleversé ses vacances estivales.

EN BREF

  • Françoise Laborde a dû évacuer son domicile au Cap Ferret à cause des incendies.
  • Plus de 60 000 personnes ont quitté la région en raison de la menace des flammes.
  • La journaliste souligne la solidarité entre voisins face à cette situation exceptionnelle.

Installée depuis 35 ans dans sa maison de pêcheur de L’Herbe, Françoise Laborde espérait passer un été serein en famille, notamment avec la récente arrivée de sa petite-fille Aléanore. Cependant, l’actualité a pris une tournure tragique. Depuis le début des incendies, plus de 10 000 hectares de forêt ont été détruits en Nouvelle-Aquitaine, déclenchant des ordres d’évacuation pour des dizaines de milliers de personnes.

Dans la nuit du 21 juillet, alors que Françoise profitait d’une promenade en bateau, elle n’imaginait pas que son village serait en danger. Elle raconte : « Je pensais qu’on ne craignait pas grand-chose. » Pourtant, un changement inattendu dans la direction du vent a provoqué une réaction rapide de la part des autorités. Les alertes d’évacuation ont commencé à retentir entre 2 et 4 heures du matin.

« Nous avons été réveillés en pleine nuit par les ordres d’évacuation », confie-t-elle, encore sous le choc. Sans l’aide de leurs voisins, le couple n’aurait même pas entendu les appels à quitter les lieux. « Ce sont nos gentils voisins qui sont venus taper au volet en disant : “Il faut évacuer.” Alors on est partis queue par-dessus tête », se souvient-elle.

Dans la confusion de l’évacuation, Françoise a regretté d’avoir oublié plusieurs affaires essentielles, notamment la nourriture de leur chien et des médicaments. Sur la route, elle a été frappée par le spectacle de l’évacuation : des files de voitures interminables, des camions de pompiers et une mobilisation impressionnante des secours. « Je leur criais : “Bravo, courage !” Et c’était touchant parce qu’ils me répondaient : “Merci.” »

Actuellement réfugiée à Bordeaux, Françoise Laborde souligne l’élan de solidarité qui a émergé dans son village. « Tout le monde se connaît. Entre voisins, on s’est prévenus. » Elle a également noté que les recommandations pour la sécurité comprenaient des conseils pour les habitants possédant des bouteilles de gaz, leur suggérant de les immerger dans leur piscine pour éviter tout risque d’explosion.

Bien que Françoise ne pense pas que son village soit immédiatement menacé, elle évoque la nécessité logistique derrière cette évacuation. « Il n’y a qu’une seule route sur la presqu’île. Ils ont préféré la vider pour permettre aux pompiers et aux secours de circuler librement. » Lorsqu’elle a quitté les lieux, elle ne se sentait pas en danger, mais plutôt apaisée. « L’ambiance était plutôt apaisée. Je n’étais pas inquiète. »

Il est à noter que certains habitants ont choisi de rester sur place, persuadés qu’ils pourraient évacuer par bateau si la situation se détériorait. « Les gens étaient surtout contrariés de devoir partir à deux heures du matin », remarque-t-elle, tout en précisant que les professionnels de la mer, comme les pêcheurs et les ostréiculteurs, étaient prêts à intervenir pour une évacuation maritime si nécessaire.

Françoise Laborde, qui avait acquis sa maison de pêcheur il y a 35 ans, n’avait jamais connu une telle situation. La presqu’île, habituellement animée, est désormais méconnaissable : hôtels fermés, restaurants désertés et commerces à l’arrêt. Avec son sens de l’humour, elle évoque une plaisanterie échangée avec une amie à propos d’un dîner prévu dans un restaurant local, dont l’activité est bien entendu suspendue.

Derrière cette légèreté, une profonde inquiétude subsiste. « J’espère que le feu sera maîtrisé avant d’atteindre L’Herbe. » Elle exprime un regret de ne pas pouvoir contempler ce spectacle inédit : « Une presqu’île totalement vidée de ses habitants, ça n’arrive pas tous les jours. »

Les incendies de forêt en France continuent de s’aggraver. En 2025, le pays avait déjà enregistré une augmentation significative des surfaces brûlées par rapport à la moyenne des années précédentes. Les experts alertent sur les conséquences du changement climatique, qui pourrait entraîner une hausse d’environ 80 % des surfaces brûlées d’ici 2050 si aucune mesure n’est prise.