Le vendredi 27 octobre, une frappe aérienne de l’armée birmane a causé la mort de quatorze personnes dans un monastère, où des civils suivaient une retraite de méditation. Les événements tragiques se sont déroulés aux abords de la commune de Myaung, au cœur d’une Birmanie déchirée par la guerre civile.
EN BREF
- Quatorze personnes ont été tuées dans une frappe aérienne sur un monastère.
- L’attaque visait des civils âgés participant à une retraite de méditation.
- Plus de 100 000 personnes ont perdu la vie depuis le début de la guerre civile en 2021.
La frappe a été confirmée par deux témoins présents sur les lieux après les faits. Selon Nway Oo Myaung, un combattant engagé dans la lutte pour la démocratie, l’attaque a eu lieu vers 9 heures locales (2h30 GMT). Parmi les victimes, on dénombre onze hommes et trois femmes, âgées entre 50 et 70 ans, qui avaient choisi de se retirer dans ce monastère pour la durée du carême bouddhique.
« Ce n’était pas une erreur de cible, ils ont intentionnellement attaqué un monastère », a souligné Nway Oo Myaung, détaillant que des personnes âgées de sa communauté avaient également perdu la vie. Un second combattant, dont l’identité reste protégée pour des raisons de sécurité, a corroboré ce bilan tragique, précisant que cinq des victimes étaient originaires de leur village, tandis que les autres venaient des environs.
Dans une tournure tragique des événements, alors que des efforts de secours étaient en cours, l’avion militaire a effectué un second passage et a bombardé à nouveau la zone. Ce type de comportement souligne la brutalité de la situation actuelle en Birmanie, où les frappes aériennes sur des cibles civiles sont devenues courantes depuis le coup d’État militaire de 2021.
Depuis le début de ce conflit, plus de 100 000 personnes ont été tuées dans l’ensemble du pays, tous camps confondus. Les enquêteurs de l’ONU ont récemment intensifié leurs rapports, accusant les militaires birmans d’une escalade des violences à l’encontre des civils. « La fréquence et l’intensité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont augmenté », ont-ils affirmé dans leurs conclusions.
Pour sa part, le gouvernement birman a rejeté ces accusations, les qualifiant d’« allégations unilatérales » et affirmant qu’elles reposent sur des informations « invérifiables et inexactes ». Dans ce contexte, l’ancien chef de la junte, Min Aung Hlaing, qui a été nommé président en avril dernier après un scrutin largement critiqué à l’international, cherche à redorer l’image de son régime. Il a récemment entrepris des démarches pour relancer les relations diplomatiques avec plusieurs pays, dont l’Inde, la Chine et la Thaïlande, malgré les réticences des militants des droits humains.
Min Aung Hlaing a également effectué une visite en Russie et en Biélorussie cette semaine, nations qui continuent d’afficher leur soutien à la junte birmane. Alors que la situation humanitaire se détériore, ces événements témoignent de la complexité et de l’angoisse qui règnent en Birmanie, où la population est prise en étau entre les conflits internes et l’indifférence de la communauté internationale.
Cette tragédie, qui touche des innocents en quête de paix et de méditation, souligne l’urgence d’une prise de conscience mondiale face à la crise humanitaire en cours. Les frappes sur des lieux de culte ne font qu’accentuer la nécessité d’une réponse internationale forte et coordonnée pour mettre fin aux violences et protéger les civils.