Ce 22 février 2026, des frappes aériennes menées par le Pakistan ont causé de lourdes pertes humaines dans la province de Nangarhar en Afghanistan. Ces bombardements, qui interviennent après une période de tensions croissantes entre les deux pays, sont les plus importants depuis octobre dernier.
EN BREF
- Des frappes pakistanaises ont fait des dizaines de victimes en Afghanistan.
- Le Pakistan justifie ses actions par des menaces terroristes.
- Les relations entre Islamabad et Kaboul se détériorent rapidement.
Selon des sources sécuritaires pakistanaises, plus de 80 membres de groupes armés auraient été tués lors de ces bombardements, un chiffre contesté par les autorités afghanes. Le gouvernement taliban a qualifié ces déclarations de « faux » et a affirmé que plusieurs civils, y compris des femmes et des enfants, faisaient partie des victimes.
Les répercussions de ces frappes sont tragiques. Un porte-parole de la police afghane a rapporté qu’une seule maison avait été complètement détruite, ensevelissant 23 membres d’une même famille, dont 18 auraient été tués. Les habitants de la région, déjà éprouvés, se sont mobilisés pour rechercher des corps dans les décombres.
Un agriculteur local, Bezakat, a indiqué à l’AFP que sa famille avait été décimée par cette attaque. « Mon père et mes fils vivaient là, tous ont été tués… », a-t-il déclaré, visiblement en deuil. Amin Gul Amin, un autre habitant, a partagé son désespoir face à la situation : « Les gens d’ici sont des gens ordinaires. Les habitants de ce village sont nos proches. »
Le ministère pakistanais de l’Information a précisé que ces frappes avaient été ciblées, visant des camps de terroristes liés aux talibans pakistanais (TTP) et à l’organisation État islamique (EI). Toutefois, le porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a dénoncé ces bombardements comme des attaques « contre des civils », ajoutant que de telles actions ne feraient qu’aggraver les problèmes de sécurité dans la région.
Cette escalade des violences survient sur fond de relations déjà tendues entre le Pakistan et l’Afghanistan, aggravées par des accusations mutuelles d’abri de groupes armés. Les tensions ont culminé en octobre dernier avec des affrontements armés qui ont causé la mort de 47 civils afghans. Ce climat de méfiance est exacerbé par des incidents récents, dont un attentat-suicide à Islamabad qui a fait 40 morts.
Le Pakistan, majoritairement sunnite, voit les chiites, qui représentent 10 à 15 % de sa population, comme une cible potentielle pour les groupes extrémistes. Un rapport de la mission des Nations unies en Afghanistan a révélé qu’au cours des trois derniers mois, 70 civils avaient été tués et 478 blessés par les forces pakistanaises.
Face à cette situation, le ministère afghan de la Défense a promis une réponse « appropriée et calculée » aux frappes, tandis que les tensions entre les deux nations continuent d’augmenter. Les prochaines étapes de cette crise sont incertaines, mais les conséquences humanitaires de ces bombardements sont d’ores et déjà dramatiques.