Les hostilités ont pris de l’ampleur vendredi dans l’ouest du Yémen, où les forces houthis rapportent avoir été la cible de nouvelles frappes aériennes de la part de l’Arabie saoudite. Ce regain de violence, qui s’est intensifié depuis le début du mois, intervient après une période de trêve fragile entre le mouvement pro-iranien et les forces gouvernementales soutenues par Riyad. Selon le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, l’armée de l’air saoudienne aurait réalisé 26 frappes en moins de 24 heures, visant principalement la province de Taëz, à l’aide d’appareils F-15 décollant de la base aérienne de Khamis Mushait.
EN BREF
- Les Houthis rapportent 26 frappes aériennes saoudiennes en 24 heures.
- Riyad a mis en alerte sa capitale pour la première fois depuis le début des combats.
- Plus de 112 000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis le début des hostilités en septembre.
Le conflit, qui a débuté en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis, a vu une escalade des tensions depuis le mois de juillet, lorsque la trêve de 2022 a été rompue. Les Houthis, déjà bien implantés dans le nord du pays, notamment à Sanaa et Hodeida, ont profité de cette offensive pour élargir leur contrôle au littoral yéménite de la mer Rouge, renforçant ainsi leur position autour du détroit de Bab el-Mandeb, un passage maritime crucial reliant l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.
Les répercussions de ces combats ne se limitent pas aux affrontements terrestres. Selon des sources, le trafic maritime saoudien a également été impacté, avec cinq navires transportant des produits saoudiens ayant quitté la mer Rouge par Bab el-Mandeb depuis le 11 septembre. Cela représente environ un tiers du trafic hebdomadaire habituel observé depuis le début de l’année, selon des données récentes.
La situation a également conduit à de nouveaux déplacements de population. Les derniers chiffres fournis par l’ONU indiquent qu’au moins 112 000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis le début des combats en septembre. Par ailleurs, près de 3 000 personnes ont cherché refuge à Djibouti, fuyant la violence croissante dans leur pays.
Dans la nuit de vendredi à samedi, de puissantes explosions ont été entendues à Riyad, où les autorités saoudiennes ont déclenché une alerte aérienne. Un journaliste de l’AFP sur place a rapporté que la ville était concernée par une menace aérienne hostile, signalant ainsi que pour la première fois depuis l’intensification du conflit, la capitale saoudienne se retrouvait directement impliquée.
Ce tournant dans le conflit yéménite soulève des inquiétudes croissantes quant à la sécurité régionale et à l’impact humanitaire de la guerre. Le Yémen, déjà frappé par une crise humanitaire d’une ampleur considérable, voit ses habitants subir les conséquences d’une nouvelle flambée de violence.
La guerre au Yémen, qui dure depuis près d’une décennie, continue d’attirer l’attention internationale, alors que les efforts pour parvenir à une paix durable demeurent entravés par des hostilités persistantes. Avec la montée des tensions et l’escalade des frappes aériennes, l’avenir de la région semble de plus en plus incertain.