Le lundi 30 octobre 2023, l’est de l’Afghanistan a été le théâtre de frappes dévastatrices ayant causé la mort et des blessures à des dizaines de civils. Les attaques, qui ont touché notamment une université, ont été confirmées par la mission des Nations Unies en Afghanistan (Unama) le lendemain. Cette escalade de violence survient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Afghanistan et le Pakistan, avec lequel le gouvernement afghan entretient des relations conflictuelles depuis plusieurs mois.
EN BREF
- Des frappes ont fait des dizaines de morts et de blessés en Afghanistan.
- Le gouvernement afghan accuse le Pakistan d’être à l’origine des attaques.
- L’ONU appelle à la protection des civils et des infrastructures éducatives.
Selon les rapports, le gouvernement afghan a fait état de sept civils tués et de 85 blessés à la suite de tirs d’obus et de roquettes, attribués aux forces pakistanaises. Ces frappes ont eu lieu dans la province de Kunar, à proximité de la frontière avec le Pakistan, notamment dans la ville d’Asadabad. Les civils ont été touchés en pleine après-midi, ce qui a suscité l’indignation des autorités afghanes.
Hamdullah Fitrat, porte-parole du gouvernement afghan, a exprimé son indignation face à ces attaques qui ont ciblé des « maisons civiles et l’université ». Il a rappelé que, selon le droit international humanitaire, les civils ainsi que les infrastructures éducatives doivent être protégés en toutes circonstances. L’Unama a également souligné ce point sur le réseau social X, en présentant ses condoléances aux familles des victimes.
Le ministère pakistanais de l’Information a, pour sa part, rejeté les accusations d’attaques contre des zones civiles, qualifiant les déclarations afghanes de « mensonges éhontés ». Cette situation de conflit est exacerbée par des accusations réciproques entre les deux pays. Le Pakistan accuse l’Afghanistan d’héberger des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP), qui ont revendiqué des attaques meurtrières sur son territoire, tandis que les autorités afghanes démentent ces allégations.
Les tensions se sont intensifiées depuis le 26 février 2023, avec des bombardements fréquents de la part du Pakistan sur Kaboul et d’autres zones frontalières. Malgré une trêve temporaire fin mars lors de la fin du ramadan et des discussions qui se sont tenues en Chine, aucun cessez-le-feu durable n’a été établi. La situation humanitaire en Afghanistan continue de se détériorer, avec des centaines de civils tués et blessés depuis le début des hostilités, et environ 100 000 personnes déplacées, dont plus de 25 000 dans la province de Kunar.
Les conséquences de ces frappes sont tragiques et illustrent l’impact direct du conflit sur les populations civiles. L’appel à la retenue et à la protection des civils reste donc plus pertinent que jamais dans ce contexte de violence persistante.