Le 16 mai 2026, Israël a intensifié ses frappes sur le sud du Liban, malgré la prolongation d’une trêve de un mois et demi. Cette escalade des tensions a suscité le scepticisme et l’inquiétude des habitants, déjà éprouvés par la guerre.
EN BREF
- Israël a mené des frappes sur le sud du Liban, touchant plusieurs villages.
- Les habitants, déplacés par la guerre, expriment leur méfiance envers la trêve.
- Les négociations entre Israël et le Liban continuent, mais le Hezbollah reste opposé.
Les bombardements israéliens, ciblant des infrastructures du Hezbollah, ont eu lieu après un appel à évacuer neuf villages, selon des sources militaires. L’Agence nationale d’information libanaise (ANI) a rapporté que près de vingt villages avaient été touchés, élargissant ainsi le périmètre des frappes par rapport aux précédentes opérations militaires.
Ce climat de violence a entraîné un exode massif des habitants vers des villes plus sûres comme Saïda et Beyrouth. Ali Salamé, un homme de 60 ans ayant fui son village, a déclaré : « Ce n’est pas une trêve puisque les agressions israéliennes se poursuivent sur le sud et ses habitants. » Il s’est réfugié dans une école de Beyrouth transformée en centre d’accueil pour les déplacés.
Les frappes ont également causé des pertes humaines. Vendredi, six personnes, dont trois secouristes du Comité islamique de santé affilié au Hezbollah, ont trouvé la mort. En réponse, l’armée israélienne a annoncé qu’un de ses soldats avait été tué, portant à 21 le nombre de ses pertes depuis le début des hostilités en mars.
La ville de Tyr, avec son immense patrimoine historique, a subi des destructions significatives. Un habitant, Ibrahim Kahwaji, a décrit la situation : « Ils ont détruit le quartier tout entier. » Cette destruction est perçue par les résidents comme une tentative de vider la région de sa population.
Les négociations entre Israël et le Liban, qui se déroulent à Washington, ont été marquées par des tensions. Le Hezbollah a rejeté les discussions, qui portent sur le désarmement du groupe militant, et a déclaré que la prolongation de la trêve ne faisait qu’ajouter à une série de concessions faites par le gouvernement libanais.
Le Hezbollah a poursuivi ses attaques contre l’armée israélienne, incluant des frappes avec des drones sur le territoire israélien. En réponse, l’armée israélienne a intercepté des roquettes tirées depuis le sud du Liban, sans faire de blessés.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a critiqué le Hezbollah pour ses « aventures irresponsables » et a appelé à un contrôle des groupes armés sur le territoire libanais. Cette guerre, qui a débuté le 2 mars avec l’attaque du Hezbollah en représailles à la mort du guide suprême iranien, a déjà causé la mort de près de 3 000 personnes et déplacé plus d’un million d’habitants.
Les répercussions de ce conflit continuent de peser lourdement sur la vie quotidienne des Libanais, alors que l’incertitude et la peur s’installent dans un pays déjà fragilisé par des années de tensions et de violence.