Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict ce lundi 27 avril à l’encontre du rappeur Freeze Corleone, reconnu coupable d’apologie du terrorisme. Ce jugement fait suite à la polémique engendrée par sa chanson « Haaland », qui avait profondément choqué les familles des victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice.
EN BREF
- Freeze Corleone écope de 15 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende.
- Le rappeur est accusé d’apologie du terrorisme pour sa chanson « Haaland ».
- Un appel à la décision a été annoncé par son avocat.
Le rappeur de 33 ans, de son vrai nom Issa Lorenzo Diakhaté, a été condamné à une peine de 15 mois de prison avec sursis ainsi qu’à une amende de 50 000 euros. De plus, le tribunal a imposé une interdiction de séjour dans les Alpes-Maritimes pour une durée de trois ans. Cette décision survient alors que le parquet avait initialement requis une peine de 18 mois de prison avec sursis.
La chanson « Haaland », un duo avec le rappeur allemand Luciano, a été au cœur de la controverse. Bien que le nom de la célèbre Promenade des Anglais ne soit pas explicitement mentionné, les paroles suggèrent une identification à l’auteur de l’attentat, Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Dans un passage, Freeze Corleone évoque des images qui évoquent la violence, notamment par des rimes et un silence lourd de sens.
Cette référence a provoqué une vive indignation parmi les familles des victimes, ainsi que chez plusieurs élus locaux. Jean-Claude Hubler, fondateur de l’association Life for Nice, a exprimé son « horreur » face à ces paroles. Le rappeur, quant à lui, a choisi de rester silencieux durant l’enquête et n’était pas présent lors de son procès.
L’attentat du 14 juillet 2016, qui a coûté la vie à 86 personnes et blessé des centaines d’autres, avait été perpétré à Nice par Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien qui a foncé dans la foule avec un poids lourd, un mode opératoire inspiré par l’organisation État islamique. Ce contexte tragique a amplifié la portée des accusations à l’encontre de Freeze Corleone.
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a souligné lors de l’audience de février que « l’art peut et doit nous bousculer », mais a également qualifié le rappeur de « Dieudonné du rap français », en raison de ses propos jugés provocateurs et de son fond idéologique controversé.
Freeze Corleone, figure emblématique du rap français, avait déjà fait l’objet d’une enquête en 2020 pour des propos considérés comme provocateurs et racistes, ce qui avait entraîné son départ de Universal Music. Malgré l’absence de poursuites, cette affaire avait conduit à l’annulation de plusieurs de ses concerts à travers la France, en raison des inquiétudes quant à des propos injurieux qui pourraient y être tenus.
La décision du tribunal de Nice marque un tournant important dans la carrière de Freeze Corleone, dont les paroles et les thèmes abordés continuent de diviser l’opinion publique. Alors que son avocat a annoncé son intention de faire appel, la controverse soulève des questions sur la liberté d’expression dans le domaine musical et ses limites face à des discours jugés inacceptables.