Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont des répercussions inattendues sur la vie quotidienne des populations à travers le monde. Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, de nombreux pays subissent de plein fouet les conséquences d’une hausse des prix des hydrocarbures, entraînant des frustrations croissantes parmi les citoyens.
EN BREF
- Les prix du pétrole ont grimpé à 100 dollars le baril depuis le début de la guerre.
- Les populations de plusieurs pays, dont le Nigeria et l’Inde, font face à des pénuries de carburant.
- Les autorités augmentent les tarifs des transports pour compenser les hausses de prix.
Au Nigeria, cette situation a des conséquences dramatiques. Adeola Sanni, une entrepreneure de 36 ans, voit ses plans d’embauche compromis par l’augmentation des coûts du carburant, qui ont grimpé de 20 % en quelques semaines. « Je dépense actuellement plus de 33 % de plus qu’habituellement sur les carburants », confie-t-elle. Dans ce pays, le prix du litre d’essence a atteint des sommets, passant de 195 nairas début 2023 à 1.250 nairas, avant de redescendre légèrement à 1.130 nairas.
Ce bouleversement des prix a également impacté les tarifs des transports publics, qui ont augmenté de près d’un tiers, aggravant ainsi la crise du coût de la vie. Dans ce climat d’incertitude, les Nigérians doivent s’adapter aux pénuries, notamment en se tournant vers des générateurs privés, l’approvisionnement en électricité étant devenu chaotique.
De l’autre côté du monde, en Inde, la situation est tout aussi préoccupante. Kriti Prasad, femme au foyer de 43 ans, lutte pour trouver du gaz de cuisine, un produit devenu rare. « J’ai essayé de réserver une bouteille de gaz depuis plusieurs jours, mais sans succès », déclare-t-elle. Les petits et moyens restaurants sont également touchés, certains devant modifier leurs offres en raison des priorités d’approvisionnement. Les prix du gaz sur le marché noir ont presque doublé, poussant certains à envisager des solutions alternatives comme la cuisson au bois.
Aux Philippines, les conséquences de la hausse des prix des carburants se font sentir jusqu’aux chauffeurs de tricycles. Romeo Cipriano, conducteur de taxi triporteur depuis quarante ans, témoigne : « Les prix actuels des carburants sont les plus élevés que j’ai jamais vus. » Pour compenser, des subventions en espèces ont été mises en place, mais beaucoup s’interrogent sur la durabilité de cette aide face à une guerre qui semble perdurer.
En France, les pêcheurs subissent également les conséquences de cette flambée des prix. David Le Quintrec, pêcheur à Lorient, note une augmentation considérable du prix du gasoil, qui est passé de 60 centimes à près de 90 centimes par litre. « Le diesel atteint des niveaux critiques pour nous », affirme-t-il, soulignant que si le prix continue d’augmenter, de nombreux bateaux resteront à quai.
Les effets de cette crise ne se limitent pas à l’Asie ou à l’Afrique. A Ashgabat, au Turkménistan, les prix des produits iraniens ont doublé en raison des restrictions à l’exportation imposées par l’Iran. Les consommateurs ressentent les effets d’une inflation qui grignote leurs budgets. « J’appréciais leurs prix bas. Mais maintenant, tout a doublé », déplore un retraité local.
La situation en Thaïlande reflète également ces préoccupations. Les automobilistes et les motards se battent pour se ravitailler, tandis que les livreurs de repas, comme Oracha, perdent des revenus en cherchant désespérément du carburant pour leurs véhicules. « S’il n’y a pas de carburant, j’ai l’impression de ne pas avoir de travail du tout », indique-t-elle, illustrant ainsi l’impact direct de cette crise sur l’économie locale.
Les témoignages d’individus à travers le monde révèlent une réalité complexe. Alors que la guerre continue d’affecter les marchés mondiaux, les populations se retrouvent face à des choix difficiles, entre adaptation et frustration. Dans ce contexte, une question demeure : comment les gouvernements et les autorités pourront-ils répondre efficacement à cette crise croissante qui touche tant de vies ?