Gabriel Attal en campagne estivale : un défi à Edouard Philippe pour 2027

Alors que la majorité des candidats à l’élection présidentielle 2027 se sont retirés de la scène médiatique pour profiter de leurs vacances, Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, choisit de rester actif. En à peine trois jours, il a donné deux entretiens et effectué un déplacement en Vendée, démontrant ainsi son engagement à aborder les préoccupations des Français.

EN BREF

  • Gabriel Attal multiplie les apparitions publiques pendant l’été.
  • Il promet des réformes institutionnelles majeures et critique Édouard Philippe.
  • Son entourage affirme qu’il ne peut pas se permettre de se reposer en tant que candidat.

Le leader de Renaissance, qui a déjà effectué plusieurs déplacements en Bretagne, Annecy et les Yvelines, se rend ce mardi 4 août en Vendée. L’objectif de cette visite est de discuter des enjeux liés aux gens du voyage, tout en cherchant à établir un lien avec le quotidien des Français. Son entourage défend cette approche, qualifiant de « bourgeoise » l’idée que la France s’arrête pendant l’été.

En dépit des vacances de ses rivaux, Gabriel Attal met à profit cette période pour se démarquer. Sa stratégie consiste à capitaliser sur l’été pour réduire l’écart qui le sépare d’Édouard Philippe dans les sondages d’opinion. « Ma campagne est en nette dynamique », déclare-t-il avec optimisme dans une interview au Journal du Dimanche (JDD).

Des réformes ambitieuses au programme

Dans le même entretien, Gabriel Attal a promis d’introduire « la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958 ». Il souhaite s’attaquer à ce qu’il appelle la « vetocratie », un système où le pouvoir est détenu par ceux qui empêchent l’action. Parmi ses propositions, il envisage d’inscrire dans la Constitution un « principe de rapidité », imposant un délai maximal de deux mois pour que l’administration réponde à tout projet.

Attal propose également de réduire le nombre de parlementaires à 350 députés et 200 sénateurs, contre 577 et 348 actuellement. Un référendum annuel à choix multiples et un « spoil system » à la française figurent également parmi ses mesures.

Ces annonces ont suscité des réactions variées. Dominique de Villepin a dénoncé ce qu’il qualifie d' »autoritarisme subversif », tandis que Jean-Luc Mélenchon a exprimé son inquiétude sur X, accusant Attal de vouloir instaurer un système de nomination-copinage. En réponse, Gabriel Attal a rétorqué que de telles pratiques n’existaient qu’au sein de La France insoumise.

Un positionnement offensif

La « surenchère programmatique » d’Attal inquiète certains partisans d’Édouard Philippe, qui devront néanmoins envisager une éventuelle alliance. Arnaud Péricard, porte-parole d’Horizons, a mis en garde : « Il ne faut toucher à la Constitution qu’avec une main tremblante ». Il appelle à la prudence face à cette « course à l’échalote ».

Bien que Gabriel Attal affirme avoir « un grand respect » pour Édouard Philippe, il souligne que sa campagne sera fondée sur l’optimisme, tout en laissant « à d’autres le sang et les larmes », une critique implicite de la stratégie de Philippe. Les partisans de ce dernier rappellent que la présidentielle nécessite une démonstration de sang-froid.

Gabriel Attal ne semble pas envisager de ralentir son rythme. Après sa visite en Vendée, il prévoit de se rendre à Châteaurenard, Nîmes et dans l’Hérault, avant de participer aux foires de la rentrée et de tenir un meeting à Lyon le 10 octobre. « Moi, je veux qu’elle fonce à 140 », conclut-il à propos de la France, affichant une détermination sans faille.