Dans un contexte politique en pleine effervescence, Gabriel Attal, le ministre délégué aux Comptes publics, semble emprunter le chemin tracé par l’ancien président Nicolas Sarkozy. Bien qu’il n’ait pas encore déclaré sa candidature pour l’élection présidentielle de 2027, ses actions et ses choix stratégiques laissent présager qu’il se prépare déjà à entrer dans la compétition.
EN BREF
- Gabriel Attal, anciennement ancré à gauche, s’inspire de Nicolas Sarkozy.
- Il applique une méthode proactive pour sa pré-campagne présidentielle.
- Attal cherche à structurer son message à l’image de son mentor politique.
Gabriel Attal, qui a voté pour Ségolène Royal lors de ses premiers scrutins, a grandi dans un environnement politique de gauche. Cependant, son admiration pour Nicolas Sarkozy, l’ancien président de la République, est manifeste. Dans son livre, En homme libre, qui sort en librairie cette semaine, il évoque cette dualité qui le caractérise. Attal, qui a défendu Sarkozy pendant ses années à Sciences Po, n’hésite pas à affirmer qu’il admire le volontarisme dont ce dernier a fait preuve durant la crise financière de 2008, une position qui lui a valu des critiques de la part de ses camarades socialistes.
À l’aube de sa carrière politique, Attal a réussi à se hisser rapidement au sein du gouvernement Philippe II, mettant en œuvre une stratégie inspirée de celle de Sarkozy. En effet, il ne se contente pas de réagir à l’actualité, mais cherche à la créer. Cette approche lui a permis d’accéder à des postes clés tels que porte-parole du gouvernement et ministre délégué aux Comptes publics.
Actuellement, bien qu’il ne soit pas officiellement candidat, Attal poursuit une dynamique de campagne qui semble bien rodée. Un de ses proches souligne que « s’appuyer sur ceux pour qui cela a réussi est normal ». Cette déclaration fait écho à l’approche de Sarkozy, qui avait su s’entourer de conseillers avisés pour optimiser ses chances de succès. Lors d’une récente séance de dédicace à Paris, qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes, il a été décrit comme déjà en campagne, illustrant ainsi son ambition politique.
La librairie Lamartine, un lieu symbolique pour les soutiens de Sarkozy, a été le cadre choisi pour cette rencontre. Bien que des critiques aient émergé concernant cette proximité avec l’ancien président, des membres de son équipe défendent ce choix, attributs à son éditrice, Muriel Beyer, également ancienne éditrice de Sarkozy.
En mars dernier, Attal a également sollicité des conseils de Sarkozy pour le lancement de sa tournée promotionnelle. Selon les informations, l’ancien président lui aurait recommandé d’« événementialiser sa campagne », en suggérant d’égrener des idées choc pour capter l’attention des électeurs. Cette méthode, qui a fait ses preuves, pourrait bien être la clé de voûte de sa stratégie.
Tout comme Sarkozy a dû s’émanciper de Jacques Chirac, Attal aspire à se libérer de l’ombre d’Emmanuel Macron. Alors que l’ancien président a su transformer ses influences en succès, Attal semble déterminé à suivre un chemin similaire, nourrissant l’espoir de voir sa carrière prendre un tournant décisif en 2027.
Cette fascination pour Sarkozy, couplée à une volonté manifeste de se positionner sur la scène politique, reflète une dynamique qui pourrait redéfinir l’avenir de Gabriel Attal. Les mois à venir seront décisifs pour cet homme qui, tout en restant ancré à gauche, semble prêt à emprunter les voies de la droite pour réaliser ses ambitions.