Ce jeudi 19 mars, le célèbre chanteur Gilbert Montagné a partagé des réflexions poignantes sur son engagement politique passé dans une interview accordée à Paris Match. À cette occasion, il est revenu sur son soutien à Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2007, ainsi que sur son expérience en tant que secrétaire national au handicap au sein de l’UMP.
EN BREF
- Gilbert Montagné a soutenu Nicolas Sarkozy en 2007 et a été secrétaire national au handicap.
- Il regrette son engagement politique, soulignant le manque d’impact sur les questions de handicap.
- Montagné plaide pour une meilleure représentation des personnes handicapées en politique.
Lors de son engagement en 2007, Gilbert Montagné a cru en la vision de Nicolas Sarkozy. Deux ans plus tard, il a été nommé secrétaire national au handicap, un rôle qu’il a occupé jusqu’à sa démission en 2011. Avec une franchise rare, le musicien de 74 ans a déclaré qu’il avait agi par conviction et non par pression. « J’y suis allé parce que j’y ai cru, j’ai pu accéder à des sphères auxquelles je n’avais pas accès », a-t-il précisé.
Malgré ses doutes, Montagné se dit fier des avancées qu’il a pu contribuer à mettre en œuvre. Il cite notamment une initiative visant à rendre les distributeurs de billets accessibles aux personnes malvoyantes, une idée qui lui tient particulièrement à cœur. « La prise casque en bas à gauche, c’est mon idée », a-t-il confié, se montrant satisfait de cet apport à l’accessibilité.
Pourtant, l’artiste ne cache pas son amertume face à la persistance des défis rencontrés par les personnes handicapées. « On vit toujours dans une société d’handicapés, qui ne fait pas tout ce qu’il faudrait faire pour les personnes déficientes », a-t-il affirmé, déplorant le manque de mesures concrètes en faveur de cette population.
Un regard critique sur la politique
Gilbert Montagné a déjà exprimé ses réserves concernant sa capacité à influencer le débat public sur les questions de handicap. Dans une précédente interview au Parisien, il avait souligné le fait que le sujet des handicapés était souvent considéré comme marginal en politique. « Tant qu’on verra le sujet des handicapés en France comme un sujet marginal, on handicapera le sujet et ça ne pourra pas avancer », a-t-il regretté. Pour lui, il est essentiel que les personnes handicapées soient mieux représentées au sein des instances gouvernementales.
Il a également plaidé pour la création d’un ministère dédié au handicap, plutôt qu’un simple secrétariat d’État qui, selon lui, manque de moyens et d’impact. « On représente 10 % de la population, ce n’est pas rien. Pour moi, il faudrait un ministre du handicap, pas un secrétaire d’État qui n’a pas de moyens. Ça ne sert à rien », a-t-il conclu avec une note de désespoir.
À travers ses paroles, Gilbert Montagné illustre non seulement son parcours singulier mais également la lutte continue pour une meilleure intégration des personnes en situation de handicap dans la société française. Son engagement passé, bien que teinté de regrets, met en lumière les enjeux cruciaux qui demeurent d’actualité dans le domaine de l’accessibilité et de l’inclusion.
Ce témoignage poignant invite à réfléchir sur le chemin parcouru, mais aussi sur celui qu’il reste à tracer pour garantir une société plus inclusive et attentive aux besoins de tous ses citoyens.