Giorgia Meloni face à l’échec : vers une réforme électorale pour rebondir ?

Après un revers significatif lors d’un référendum sur la justice, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, s’efforce de se redresser. Le 31 mars, elle a présenté un projet de réforme électorale au Parlement, visant à modifier le mode de scrutin en vue des élections législatives de 2027. Cet objectif est crucial pour renforcer ses chances de maintenir son pouvoir.

EN BREF

  • Giorgia Meloni cherche à surmonter un échec au référendum sur la justice.
  • Une réforme électorale proposée pour modifier le système de scrutin.
  • La coalition de Meloni maintient une majorité, mais des tensions internes persistent.

Les récents événements ont mis en lumière une situation délicate pour la dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia. Le vote défavorable des Italiens sur sa réforme judiciaire a marqué son premier véritable revers depuis son arrivée au pouvoir en 2022. Giovanni Orsina, politologue à l’université Luiss de Rome, souligne que cette défaite a révélé des signes de faiblesse chez Meloni, qui doit maintenant naviguer dans un climat politique instable.

La coalition au pouvoir, bien qu’elle détienne toujours une majorité confortable au parlement, fait face à des défis croissants. Les récents départs de deux ministres n’ont pas apaisé les spéculations concernant la pérennité de son gouvernement. Certains analystes estiment que Meloni pourrait envisager des élections anticipées, bien que cette option ait été écartée par la Première ministre, qui affirme vouloir mener son mandat à son terme.

Dans le cadre de sa stratégie, Meloni pourrait éventuellement provoquer des élections en octobre, après l’adoption de la loi électorale, en capitalisant sur une gauche divisée. Matteo Salvini, vice-Premier ministre et chef de la Ligue d’extrême droite, a affirmé que le gouvernement poursuivra son mandat sans hésitation, malgré des tensions au sein de son propre parti.

La situation est d’autant plus compliquée pour Meloni que son propre parti est en proie à des divisions internes concernant la réforme électorale. Certains membres y voient un moyen d’éviter un déclin irréversible, tandis que d’autres craignent que cette initiative ne soit mal perçue dans un contexte international incertain. La guerre en cours, la montée des prix de l’énergie et une crise du coût de la vie ajoutent à cette complexité.

La réforme proposée vise à instaurer un système électoral entièrement proportionnel, remplaçant le mode actuel qui combine scrutin majoritaire uninominal et proportionnel. Ce changement permettrait d’attribuer des sièges supplémentaires à la coalition qui obtiendrait plus de 40 % des voix, un ajustement jugé nécessaire par Meloni pour sécuriser sa majorité.

Avant même la défaite au référendum, des médias avaient perçu cette réforme comme une manœuvre pour consolider le pouvoir de Meloni. Selon les calculs basés sur les sondages, une telle réforme pourrait potentiellement permettre à la coalition de la Première ministre de gagner 228 sièges à la Chambre des députés et 113 au Sénat. En revanche, sans cette réforme, ses soutiens pourraient se limiter à 190 sièges à la chambre basse et 90 à la chambre haute, rendant l’issue des élections incertaine.

Malgré cela, des analyses plus prudentes, comme celles de l’AFP, soulignent les risques potentiels que ce nouveau système pourrait engendrer. Bien que le centre-droit puisse théoriquement obtenir des sièges bonus, il existe aussi une possibilité pour le centre-gauche de récupérer ces sièges si le bloc de droite perd le soutien du nouveau parti dissident d’extrême droite, Futuro Nazionale.

La route semble semée d’embûches pour Giorgia Meloni. Selon Salvatore Vassallo, professeur de Sciences politiques à l’université de Bologne, sa proximité avec Donald Trump pourrait devenir un handicap croissant dans le paysage politique italien. L’avenir de sa direction dépendra de sa capacité à naviguer avec habileté dans ces défis multiples et à mobiliser son camp autour de ce projet de réforme.