Après une défaite significative lors d’un référendum sur la justice mi-mars, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, se retrouve à un tournant critique de son mandat. Pour tenter de regagner en autorité et en popularité, elle a décidé de proposer une réforme électorale, qui a été présentée au Parlement ce mardi. Cette initiative pourrait être déterminante pour ses chances de conserver le pouvoir lors des législatives de 2027.
EN BREF
- Giorgia Meloni cherche à relancer sa popularité après une défaite au référendum.
- Une réforme électorale est proposée pour modifier le mode de scrutin en vue des élections de 2027.
- Les tensions au sein de sa coalition gouvernementale pourraient compliquer sa stratégie.
La coalition au pouvoir, bien que majoritaire, traverse une période de turbulence suite à ce revers. Ce dernier a ébranlé l’autorité de Meloni, qui a pris ses fonctions en 2022. Selon Giovanni Orsina, politologue à l’université Luiss de Rome, la cheffe du gouvernement montre des signes de faiblesse, ce qui accentue les spéculations sur l’avenir de son administration. Même si les démissions de deux ministres n’ont pas suffi à apaiser les critiques, Meloni a affirmé qu’elle comptait aller jusqu’au bout de son mandat.
Dans le cadre de cette réforme, Meloni souhaite modifier le système actuel qui combine scrutin majoritaire uninominal et proportionnelle. Le nouveau mode de scrutin, entièrement proportionnel, inclurait un bonus de sièges pour la coalition ayant obtenu plus de 40 % des voix. Cette mesure pourrait lui permettre de consolider sa position au sein du Parlement, bien que des analyses montrent que ce changement pourrait également se retourner contre elle.
Le vice-Premier ministre Matteo Salvini, leader de la Ligue d’extrême droite, a soutenu que le gouvernement poursuivra son mandat sans hésitation, malgré les défis internes croissants. Cependant, des tensions subsistent au sein de leur coalition, notamment avec le parti de centre droit Forza Italia, qui subit également des pressions. La nécessité d’une réforme électorale est perçue par certains comme un moyen d’éviter un déclin irréversible, tandis que d’autres craignent qu’elle ne soit mal reçue dans un contexte international déjà instable.
Les sondages actuels indiquent que les partis de la coalition restent en tête, mais une étude effectuée par l’institut de sondage YouTrend suggère que ni le centre droit ni le centre gauche ne parviendraient à obtenir une majorité parlementaire si le système actuel était maintenu. Avec la réforme, les chances du centre droit de bénéficier de sièges bonus augmentent, mais cela n’est pas sans risques. Une simulation récente a également montré que le centre-gauche pourrait tirer profit de ces changements si le bloc de droite perdait le soutien de factions dissidentes.
La gauche, bien que divisée et manquant d’un candidat unifié, a vu sa position renforcée par sa victoire lors du référendum. Les défis auxquels Meloni fait face ne se limitent pas seulement à la politique nationale, mais incluent également des préoccupations concernant sa relation avec l’ancien président américain Donald Trump. Selon l’expert en sciences politiques Salvatore Vassallo, cette proximité pourrait se révéler être un handicap croissant, affectant non seulement son image, mais également l’économie italienne.
Dans ce contexte, le succès de la réforme électorale se posera comme un enjeu crucial pour Meloni. Pour espérer redresser la situation, elle devra convaincre non seulement ses alliés, mais également l’opinion publique, de la nécessité et de l’efficacité de ce changement de cap. L’avenir de son gouvernement dépendra en grande partie de sa capacité à naviguer ces turbulences internes et à solidifier son soutien électoral dans les mois à venir.