Greenpeace bloque un cargo russe à Dunkerque soupçonné de transporter de l’uranium

Le 2 mars, l’ONG environnementale Greenpeace a mené une action marquante au port de Dunkerque pour dénoncer les échanges commerciaux entre la France et la Russie liés à l’uranium, élément essentiel pour le nucléaire. Une vingtaine de militants ont tenté de bloquer l’accès à un cargo russe, le Mikhail Dudin, soupçonné de transporter cette matière radioactive.

EN BREF

  • Greenpeace a bloqué l’accès à un cargo russe à Dunkerque le 2 mars.
  • Quatre militants ont été placés en garde à vue pour entrave à la liberté du travail.
  • L’ONG appelle à mettre fin aux contrats avec Rosatom, accusée d’alimenter la guerre en Ukraine.

Les militants de Greenpeace, munis de pancartes portant des messages tels que « Uranium : EDF aime Poutine » et « Stop aux contrats toxiques », ont fait entendre leur voix de 4 heures du matin jusqu’à 9 heures. En plus de leurs slogans, certains se sont enchaînés aux portes d’accès de l’écluse, illustrant leur détermination à faire entendre leur message. Cette action fait suite à une série de dénonciations de l’ONG concernant la poursuite des contrats entre l’industrie nucléaire française et la Russie, notamment à travers la société publique Rosatom.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, Greenpeace a multiplié les alertes sur les implications de ces relations commerciales. Le cargo Mikhail Dudin a été ciblé en raison de soupçons concernant le transport d’uranium, crucial pour le fonctionnement des centrales nucléaires en France.

Au cours de l’action, la situation est restée calme, mais la police a tout de même procédé à l’interpellation de douze militants. Parmi eux, quatre – trois Allemands et un Néerlandais – ont été placés en garde à vue, accusés d’intrusion dans une zone non autorisée et d’entrave à la liberté du travail. Cette réaction des forces de l’ordre souligne la tension qui entoure ces actions de protestation.

Pauline Boyer, chargée de campagne sur le nucléaire pour Greenpeace France, a exprimé son indignation face à cette situation. Dans un communiqué, elle a déclaré : « Ce commerce, qui alimente indirectement la guerre de Poutine, doit cesser. La France devrait envoyer un signal politique et diplomatique fort pour sanctionner Rosatom, une entreprise devenue criminelle depuis qu’elle a pris le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine, fait inacceptable qui met en danger le peuple ukrainien et la communauté internationale. »

Cette intervention de Greenpeace soulève un débat important concernant les relations commerciales entre la France et la Russie, en particulier dans le secteur nucléaire. Alors que la guerre en Ukraine se poursuit, l’ONG appelle à une réévaluation des contrats et des partenariats qui pourraient contribuer à financer le conflit. La question de la dépendance énergétique et des implications éthiques des échanges commerciaux avec des pays en guerre devient de plus en plus pressante.

Les actions de Greenpeace à Dunkerque ne sont qu’une partie d’un mouvement plus large qui vise à mobiliser l’opinion publique contre la poursuite de relations commerciales perçues comme immorales. Alors que les tensions géopolitiques continuent d’évoluer, les ONG comme Greenpeace prennent un rôle central dans la sensibilisation aux implications de ces échanges et aux choix politiques qui en découlent.