Greenpeace France, l’une des principales organisations non gouvernementales (ONG) engagées dans la protection de l’environnement, traverse une période difficile. L’association a récemment informé ses salariés d’un projet de réduction d’effectifs, qui pourrait entraîner la suppression de près d’un quart de ses postes. Cette décision, motivée par une baisse préoccupante des dons, soulève des inquiétudes quant à l’avenir de l’organisation.
EN BREF
- Greenpeace France prévoit de réduire ses effectifs de 25 %, passant de 138 à 106 postes.
- La baisse des dons, unique source de financement, a chuté de 26 % à seulement 7 % entre 2018 et 2021.
- Des grèves ont eu lieu parmi les salariés en réponse à ces annonces, tandis que des discussions stratégiques sont envisagées.
Selon les informations divulguées par l’ONG, cette réduction d’effectifs est une réponse directe à une chute significative des dons. Entre 2018 et 2021, la croissance des contributions a diminué de manière alarmante, passant de 26 % à 7 %. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la majorité des 240 000 adhérents, dont 90 % font des dons réguliers, rencontrent des difficultés à maintenir leur soutien financier.
Des facteurs externes compliquent également la situation. En plus des difficultés économiques que rencontrent de nombreux donateurs, Greenpeace France évoque des problèmes de communication, notamment des « difficultés de joignabilité téléphonique » qui entravent la mobilisation des soutiens. Ces défis surviennent dans un contexte déjà fragile, accentué par des tensions internes au sein de l’organisation. Le départ de l’ancien directeur général, Jean-François Julliard, en décembre 2025, a intensifié ces tensions.
Les sources rapportent que la direction de Greenpeace France n’aurait pas réussi à négocier efficacement avec Greenpeace International, à qui elle verse entre 8 et 9 millions d’euros par an. Cette situation financière précaire a conduit à des décisions difficiles, parmi lesquelles ce plan social qui s’inscrit dans une tendance plus large observée parmi les ONG en France.
Le climat socio-économique actuel semble défavorable aux associations caritatives. Un baromètre annuel de France Générosités, publié en juin 2025, a révélé une baisse significative des dons des particuliers à la fin de l’année 2024, notant qu’il s’agissait de l’une des plus faibles hausses observées au cours des vingt dernières années. Laurence Lepetit, déléguée générale de France Générosités, a souligné cette tendance inquiétante, qui affecte de nombreuses organisations œuvrant pour des causes sociales et environnementales.
Face à cette situation, des salariés de Greenpeace France ont organisé une grève le 25 mars pour exprimer leur mécontentement et leurs préoccupations quant à l’avenir de l’organisation. La direction a réagi en annonçant la tenue de « discussions stratégiques » pour évaluer la situation et envisager des solutions potentiellement salvatrices.
Les défis auxquels est confrontée Greenpeace France ne sont pas isolés, mais s’inscrivent dans une crise plus vaste touchant les ONG. Alors que les problèmes de financement se multiplient, la nécessité d’un soutien durable et d’une mobilisation efficace des donateurs devient plus pressante que jamais. Après des années de croissance soutenue, le secteur des ONG doit désormais faire face à des réalités économiques difficiles qui mettent en péril leur fonctionnement.