Lors d’un débat télévisé diffusé mardi, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a exprimé sa volonté de s’allier avec La France Insoumise (LFI) au second tour des élections municipales. Cette déclaration intervient dans un contexte tendu, marqué par la mort tragique du militant d’extrême droite Quentin Deranque, dont le décès a suscité une profonde émotion dans la ville.
EN BREF
- Grégory Doucet prêt à s’allier avec LFI si les conditions sont remplies.
- Le débat télévisé révèle des tensions entre les candidats, notamment sur le sujet de la violence.
- Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL, domine les sondages à l’approche des municipales.
Ce débat, organisé par BFMTV et Le Figaro, a été l’occasion pour le maire sortant de s’exprimer sur ses intentions politiques en vue du scrutin à venir. En réponse à une question sur une éventuelle alliance avec Anaïs Belouassa Cherifi, représentante de LFI, il a déclaré : « oui, mais à certaines conditions », soulignant que son équipe ne devait être associée à aucune violence.
Le climat politique à Lyon est tendu, particulièrement après la mise en examen de suspects liés à des violences ayant entraîné la mort de Quentin Deranque le 12 février. Cet incident a provoqué des appels à une rupture nette avec LFI de la part de plusieurs acteurs politiques, y compris de la droite et du centre-droit. Grégory Doucet, conscient de la nécessité de rassembler les voix de gauche pour espérer un second mandat, a jusqu’ici évité de prendre position sur cette question.
Anaïs Belouassa Cherifi a, de son côté, exprimé sa détermination à empêcher que Jean-Michel Aulas, favori des sondages, ne devienne maire. Elle a affirmé : « Ma priorité, c’est que monsieur Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon. » La tension monte alors que les élections municipales approchent à grands pas, avec Aulas affichant une avance de plus de dix points dans les sondages.
Âgé de 76 ans, Aulas, novice en politique, a tenté de se positionner comme le « candidat de la société civile ». Il a subi des attaques de ses opposants, qui l’ont accusé de ne pas être en phase avec les préoccupations des Lyonnais. Grégory Doucet a été qualifié de « à côté de la plaque », tandis qu’Anaïs Belouassa Cherifi a été décrite comme une « coquille vide ». Face à ces critiques, Alexandre Dupalais, candidat UDR, a défendu Doucet sur son bilan en matière de lutte contre les violences des supporters.
La marche en mémoire de Quentin Deranque, qui a rassemblé 3 200 personnes, a également été marquée par des incidents regrettables, notamment des saluts nazis, soulignant les tensions raciales et politiques en cours. Les obsèques de Deranque ont eu lieu dans la plus stricte intimité, reflétant le climat de chagrin et de colère qui s’est emparé de la ville.
En réaction à la montée de la violence, le gouvernement a décidé de saisir la justice pour examiner une possible « reconstitution » de la Jeune Garde, un groupe dissous en 2025. Le président Emmanuel Macron a également demandé au gouvernement de veiller à ce que la campagne des municipales se déroule dans un cadre serein, après que plusieurs permanences parlementaires de LFI aient été endommagées.
Alors que les élections municipales approchent, la dynamique politique à Lyon semble plus que jamais complexe, avec des alliances possibles et des tensions palpables. Grégory Doucet, en naviguant dans ces eaux troubles, devra faire preuve de stratégie pour maintenir son poste face à des adversaires déterminés.