La grève lancée ce jeudi 8 octobre 2026 par les salariés de TotalEnergies se poursuit, créant des tensions croissantes dans le secteur. Les actions menées par la CGT visent avant tout à obtenir des revalorisations salariales et à attirer l’attention sur les conditions de travail des employés.
EN BREF
- Le mouvement de grève a été reconduit dans plusieurs stations-service et à la raffinerie de Normandie.
- Les grévistes réclament une augmentation de 200 euros mensuels et un salaire minimum à 1,2 SMIC.
- Les tensions sont exacerbées par la situation logistique liée aux conflits au Moyen-Orient.
Le mouvement initié par la CGT à TotalEnergies a pris de l’ampleur ce vendredi, avec un nombre croissant de stations-service touchées par des blocages. Actuellement, la raffinerie de Normandie, la plus grande de France, reste un des points névralgiques de cette grève, avec un effectif réduit de 12 grévistes. Ce chiffre contraste avec les 18 à 23 stations-service bloquées, signalées par la direction et la CGT, une augmentation par rapport aux 13 stations signalées jeudi.
Ce contexte de grève survient alors que le groupe TotalEnergies fait face à des difficultés logistiques exacerbées par la guerre au Moyen-Orient. De surcroît, la décision du groupe de plafonner les prix des carburants a entraîné une affluence accrue d’automobilistes dans ses stations, ajoutant à la pression sur les employés en première ligne.
Les revendications des grévistes sont claires. La CGT Argedis, syndicat des employés des stations-service, réclame une revalorisation des salaires pour les travailleurs, qui se trouvent souvent sur le devant de la scène face à un afflux massif de clients. En outre, le syndicat souligne les effectifs sous tension, ce qui engendre des risques pour la sécurité sur les sites de production, notamment à cause de départs non remplacés et d’un recours excessif à l’intérim et aux contrats à durée déterminée.
Les grévistes demandent également une augmentation de 200 euros par mois pour tous les employés, ainsi qu’une mise en place d’un salaire de base minimum fixé à 1,2 SMIC. Ces revendications visent à répondre aux difficultés rencontrées par les salariés, qui estiment que leurs conditions de travail ne reflètent pas la rentabilité croissante de l’entreprise.
En dépit des tensions, la direction de TotalEnergies a annoncé qu’elle continuerait à assurer les approvisionnements de son réseau. Elle a également fait savoir qu’une avance de 1 000 euros sur la prime annuelle des salariés serait versée, une mesure qui ne semble cependant pas suffire à apaiser les grévistes. Les discussions autour des primes carburant pour les employés de Total et d’Argedis sont également en cours.
Il est à noter que le bénéfice net du groupe a atteint 11,2 milliards de dollars, soit environ 10 milliards d’euros, au premier semestre, marquant une progression de 73 % par rapport à l’année précédente. Cette rentabilité soulève des questions parmi les grévistes, d’autant plus que TotalEnergies a récemment annoncé une augmentation de plus de 5 % de son dividende versé aux actionnaires jusqu’en 2030.
Alors que la situation évolue, les salariés de TotalEnergies continuent de revendiquer leurs droits, dans un climat tendu qui pourrait avoir des répercussions sur tout le secteur. La grève, qui a commencé comme un appel à l’action pour de meilleures conditions de travail, pourrait bien se transformer en un mouvement plus large, touchant l’ensemble des employés du secteur pétrolier.