Grève des enseignants : des milliers de manifestants contre les suppressions de postes

Le 31 mars 2026, plusieurs milliers d’enseignants se sont mobilisés à travers la France pour protester contre les suppressions de postes et réclamer une revalorisation de leurs salaires. Cette grève nationale a été marquée par des manifestations à Paris, Marseille, Lyon et d’autres villes, rassemblant entre 10% et 30% des enseignants, selon les régions.

EN BREF

  • Des milliers d’enseignants en grève contre les suppressions de postes.
  • Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs grandes villes.
  • Le gouvernement prévoit 4 000 suppressions de postes pour la rentrée 2026.

Les manifestants dénoncent des choix budgétaires jugés « court-termistes » qui aggravent une situation déjà précaire. Éric Mampaey, secrétaire Unsa éducation en région Paca, a exprimé son regret face à la suppression de postes, arguant qu’une gestion plus judicieuse de la baisse démographique aurait permis de maintenir les moyens tout en améliorant les conditions d’enseignement pour les élèves. À Marseille, environ 800 personnes, dont 200 lycéens, ont défilé pour faire entendre leur voix.

À Paris, une banderole proclamant « Non aux suppressions de postes ! Des moyens pour l’école publique » a été brandie par les manifestants, rassemblant plusieurs milliers de personnes devant le ministère de l’Éducation. Selon les données du ministère, seulement 9,68% des enseignants ont fait grève, tandis que les syndicats estiment ce chiffre à environ 25%, soulignant des différences significatives selon les académies.

Les chiffres avancés par le ministère indiquent un taux de grévistes atteignant 13,2% dans le premier degré et 7,18% dans le second degré. Les syndicats, comme le Snes-FSU et le SNUipp-FSU, ont rapporté des mobilisations plus élevées, en particulier à Paris, Lyon, Créteil et en Normandie.

Aurélie Gagnier, secrétaire générale du SNUipp-FSU, a noté une forte mobilisation dans le premier degré, tandis que Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a rappelé que cette journée de grève s’inscrit dans une série de mobilisations entamées depuis plusieurs semaines.

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a défendu les décisions gouvernementales en évoquant une nécessaire adaptation à la baisse du nombre d’élèves. Il a mentionné un « atterrissage en douceur » pour réduire progressivement le nombre d’élèves par classe, afin d’éviter une crise de recrutement dans les années à venir.

Cependant, des enseignants comme Erwan Desnos, secrétaire général adjoint de la CFDT éducation, contestent cette approche, affirmant que la baisse des moyens est plus marquée que la diminution du nombre d’élèves. Cela soulève des inquiétudes quant à la qualité de l’éducation, notamment en Seine-Saint-Denis, où les investissements éducatifs restent inférieurs à la moyenne nationale.

À Clermont-Ferrand, la suppression de 105 postes a suscité des réactions vives, avec environ 200 personnes se mobilisant. Armelle Sunier, professeure des écoles, a souligné que la baisse démographique aurait pu permettre d’améliorer les effectifs, afin de mieux accompagner les élèves en difficulté.

Les manifestations à Lyon ont également mis en lumière les préoccupations autour des structures spécialisées pour les élèves en situation de handicap. Plusieurs enseignants, dont Nathalie Rougane-Ghilardi, ont exprimé leur inquiétude face à la suppression de postes dans ces services essentiels.

Enfin, à Toulouse, des pancartes dénonçant les classes surchargées ont été brandies. Karine Fages, professeure d’anglais, a rappelé que dans les pays ayant un système éducatif performant, les classes ne comptent pas plus de 20 élèves.

Cette journée de grève et de manifestations a marqué un tournant dans la mobilisation des enseignants, qui continuent de revendiquer des moyens adéquats pour garantir une éducation de qualité à tous les élèves.