Ce mardi, plusieurs milliers d’enseignants à travers la France se mobilisent pour exprimer leur mécontentement face aux suppressions de postes et aux conditions de travail jugées précaires. Selon le SNUipp-FSU, environ 30 % des enseignants du premier degré du public devraient participer à ce mouvement de grève. Cette mobilisation survient dans un contexte où les choix budgétaires du gouvernement sont critiqués pour leur impact sur le service public de l’éducation.
EN BREF
- 30 % des enseignants du premier degré en grève aujourd’hui.
- Mobilisation inégale selon les départements, mais forte dans certaines régions.
- 4.000 suppressions de postes d’enseignants attendues pour la rentrée 2026.
Aurélie Gagnier, la secrétaire générale du SNUipp-FSU, a précisé que la mobilisation sera « très disparate selon les départements ». Des zones comme Paris, la Gironde, l’Aude et les Yvelines devraient connaître une forte mobilisation, tandis que d’autres pourraient être moins touchées. La situation est d’autant plus préoccupante que, depuis le début de l’année, des actions ont eu lieu chaque semaine, témoignant d’un mécontentement croissant au sein de la profession.
Dans le second degré, les enseignants des collèges et lycées ne sont pas tenus de signaler leur intention de faire grève avant le jour J. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a évoqué une possible mobilisation significative dans certaines académies comme Aix-Marseille, la région parisienne et Lille. Ce mouvement s’inscrit dans une semaine d’actions lancée par plusieurs syndicats, dont la FSU, l’Unsa, la CFDT, la CGT et SUD, visant à alerter sur la dégradation des conditions d’enseignement.
Les syndicats dénoncent des choix budgétaires jugés « court-termistes », qui aggravent une situation déjà difficile. Ils estiment que le service public d’éducation est « exsangue », et réclament des mesures concrètes pour améliorer les conditions de travail des enseignants. Selon eux, « il ne s’est pas passé une seule semaine depuis janvier sans qu’il n’y ait de mobilisation » à l’échelle d’un établissement, d’un département ou d’une académie.
Dans le cadre des prévisions budgétaires pour la rentrée 2026, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé la suppression de 4.000 postes d’enseignants dans le public et le privé, dont 1.891 dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré. Cette décision fait suite à ce qu’il qualifie de « chute démographique vertigineuse », qui, selon lui, justifie ces coupes.
Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer cette argumentation. Morgane Verviers, secrétaire générale de l’Unsa-éducation, a critiqué cette vision, affirmant que « cette baisse démographique devrait être une opportunité pour nous pour donner de l’air », plutôt qu’un prétexte pour des suppressions de postes. Les syndicats s’accordent à dire que la bonne volonté des personnels ne suffit plus, et que les mesures salariales et les conditions de travail doivent être revues pour restaurer le moral des enseignants.
La grève de ce jour représente donc bien plus qu’une simple protestation contre des coupes budgétaires. Elle est le reflet d’un malaise profond au sein de la profession, une demande de reconnaissance et de soutien face à des défis croissants. Dans un système éducatif déjà fragilisé, les enseignants cherchent à faire entendre leur voix, dans l’espoir d’un avenir meilleur pour l’éducation en France.