Depuis le 28 février 2026, la guerre au Moyen-Orient a pris une tournure alarmante, avec des attaques ciblant des infrastructures énergétiques cruciales. Les confrontations entre l’Iran, les États-Unis et Israël ont suscité des représailles, notamment des frappes sur des sites pétroliers et gaziers. Cette escalade met en lumière le rôle stratégique des ressources énergétiques dans ce conflit.
EN BREF
- Plus de 29 sites énergétiques ont été attaqués dans le cadre du conflit.
- Les frappes touchent des infrastructures en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats.
- Les conséquences économiques pourraient affecter la croissance mondiale et l’inflation.
Dans ce contexte, les tensions se sont intensifiées depuis le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran. Les attaques de drones et les raids aériens ont touché des installations essentielles, comme la raffinerie de Ras Tanura en Arabie saoudite. Ce site, vital pour l’approvisionnement en pétrole, a été endommagé par des attaques iraniennes, illustrant la vulnérabilité des infrastructures énergétiques face à la guerre.
Le complexe gazier de Ras Laffan, premier producteur de gaz liquéfié au monde, a également été ciblé. Situé au Qatar, il a subi des frappes répétées, ce qui a entraîné une flambée des prix du gaz et une incapacité à honorer certains contrats. Ces attaques sont survenues après des bombardements israéliens sur le champ gazier de South Pars, d’où provient 70 % du gaz iranien.
Les Émirats arabes unis ne sont pas en reste, avec le port stratégique de Fujairah ayant subi plusieurs attaques. Ce port est crucial car il permet d’exporter du pétrole en contournant le détroit d’Ormuz, désormais à risque. Les frappes sur Fujairah ont temporairement interrompu les activités portuaires, soulignant l’importance géopolitique de cette infrastructure.
Les experts s’accordent à dire que cibler les infrastructures énergétiques est une stratégie de guerre. Myriam Benraad, professeure à l’université d’Exeter, a souligné que l’Iran utilise cette méthode pour mener une guerre de dévastation économique, cherchant à affaiblir les économies des pays du Golfe. De leur côté, les États-Unis et Israël ont également frappé des installations iraniennes pour affaiblir le régime de Téhéran, qui avait réussi à maintenir une certaine exportation de pétrole malgré les sanctions.
Les impacts de ces attaques se font déjà sentir sur l’économie mondiale. Les prix du pétrole ont connu une forte hausse, et des prévisions indiquent une inflation mondiale accrue, notamment aux États-Unis et en France. L’OCDE anticipe une inflation de 4,2 % aux États-Unis, tandis qu’en France, l’Insee prévoit des taux au-delà de 2 %.
Les dommages causés aux infrastructures gazières pourraient nécessiter des années de réparation, ce qui compromet l’approvisionnement à long terme. Selon le PDG de Qatar Energy, les réparations des sites gaziers endommagés pourraient s’étaler sur trois à cinq ans. Parallèlement, des raffineries au Koweït et en Arabie saoudite ont également connu des interruptions de production suite aux attaques.
Si la plupart des infrastructures pétrolières poursuivent leur activité, la question de l’exportation demeure cruciale. Le détroit d’Ormuz, qui transporte 20 % du pétrole mondial, est devenu un point de tension, et bien que l’Iran ait donné son feu vert à la navigation des « navires non hostiles », le passage reste en grande partie déserté.
Ce conflit au Moyen-Orient, au-delà de son impact régional, pose des questions majeures sur la sécurité énergétique mondiale et la stabilité économique. Les conséquences de cette guerre pourraient se faire sentir pendant de nombreuses années, affectant non seulement les pays directement impliqués, mais également l’économie globale.