Depuis le 28 février dernier, les tensions au Moyen-Orient se sont intensifiées suite aux frappes effectuées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Cet événement a engendré des représailles de la part de la République islamique, provoquant un blocage du détroit d’Ormuz et une flambée des prix du pétrole. Les conséquences sur l’économie mondiale commencent à se faire ressentir, notamment à travers une inflation qui pourrait s’installer durablement.
EN BREF
- Les prix du pétrole s’envolent en raison des tensions en Iran.
- Le Livret A pourrait voir son taux remonter légèrement d’ici l’été.
- Le marché boursier est actuellement en baisse, mais des opportunités d’investissement émergent.
Pour le moment, les Français constatent principalement une augmentation des prix à la pompe, mais si le conflit perdure, le risque d’une inflation plus généralisée se profile. Ce scénario rappelle les hausses de prix observées en 2022, où l’inflation avait atteint 12% en raison de la guerre en Ukraine. À l’instar de cette période, les produits d’épargne pourraient également être impactés.
Le Livret A, par exemple, a connu une chute continue de son taux, passant de 3% début 2025 à 1,5% le 1er février 2026. Cette baisse s’explique par une formule de calcul qui prend en compte l’inflation et les taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’épargne, souligne qu’il n’est pas impossible que ces deux variables remontent légèrement dans les mois à venir.
Bien que l’inflation ait été faible en janvier (0,3%) et en février (1%), une légère augmentation pourrait être envisagée, atteignant potentiellement les 2% d’ici la prochaine révision du Livret A, prévue pour le 1er août 2026. Si le gouvernement appliquait strictement la formule de calcul, le taux pourrait passer de 1,5% à environ 1,8%.
En revanche, si les tensions au Moyen-Orient se calment rapidement, le gouvernement pourrait choisir de maintenir le taux actuel, considérant l’inflation comme un épiphénomène temporaire.
Parallèlement, l’assurance-vie, souvent prisée par les épargnants, a connu un afflux record de dépôts. En janvier, les épargnants ont versé 6,2 milliards d’euros de plus qu’ils n’en ont retiré, un chiffre inédit depuis 2010. Les fonds euros de l’assurance-vie ont rapporté en moyenne 2,65% en 2025, et les prévisions de Crevel pour 2026 restent optimistes malgré les incertitudes liées au conflit en Iran.
Les rendements des fonds euros devraient rester stables, car ils ne reposent pas uniquement sur des obligations. Une part est investie dans des actifs plus risqués, comme des actions. Pour évaluer l’impact de la guerre sur les rendements des assurances-vie, il est crucial d’examiner le marché boursier.
Après le début du conflit, de nombreux indices boursiers ont enregistré une baisse significative. Le CAC 40 a perdu 7,5% de sa valeur en deux semaines, tandis que le Nikkei a chuté de 9%. Toutefois, par rapport à d’autres crises passées, les marchés semblent mieux résister. Par exemple, lors du début de la pandémie de Covid-19 en mars 2020, le CAC 40 avait chuté de 39% en moins d’un mois.
Philippe Crevel reste optimiste quant à la reprise des cours boursiers. Il estime que des opportunités d’investissement se présentent, notamment dans des secteurs touchés par le conflit, comme le BTP, les transports et l’énergie. Les valeurs du luxe, désormais plus accessibles, pourraient également représenter de bonnes opportunités d’achat.
Cependant, il est essentiel de rappeler que toute forme d’investissement comporte des risques de perte en capital. Les épargnants doivent donc garder à l’esprit qu’il est préférable de diversifier leurs placements et de ne pas investir la totalité de leurs économies dans des actifs à risque.