Le 11 février 2026, à Milan-Cortina, le duo franco-québécois Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry a marqué l’histoire du patinage artistique en remportant la médaille d’or en danse sur glace. Leur victoire, obtenue avec une avance de 1,4 point sur les Américains Madison Chock et Evan Bates, a été célébrée comme l’aboutissement d’une saison parfaite, agrémentée de titres au Grand Prix de France, en Finlande et aux championnats d’Europe. Pourtant, cette réussite s’accompagne d’une tempête médiatique qui remet en question leur légitimité.
EN BREF
- Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry remportent l’or olympique à Milan-Cortina.
- Leur succès est assombri par des allégations de maltraitance dans le patinage artistique.
- Des voix s’élèvent pour dénoncer le message envoyé aux victimes d’abus sexuels.
Alors que certains voient en ce couple une incarnation du renouveau dans le monde de la danse sur glace, d’autres expriment un malaise grandissant. L’expression « énergie sinistre », prononcée par l’ancien patineur américain Adam Rippon dans une série Netflix, résume parfaitement l’ambiance qui entoure leur succès. Ce terme imprègne désormais la perception qu’ont de nombreux spectateurs et observateurs de leurs performances.
La situation est d’autant plus complexe que Guillaume Cizeron a déjà été champion olympique en 2022 aux côtés de Gabriella Papadakis. Les récentes polémiques autour de ses liens avec Laurence Fournier Beaudry, âgée de 27 ans et récemment naturalisée française, compliquent la lecture de leur victoire. En effet, l’ombre du dossier de Nikolaj Sørensen, ancien partenaire de Laurence, pèse lourdement. Ce dernier a été suspendu pendant six ans pour « maltraitance sexuelle », bien que cette décision ait été annulée pour incompétence, l’enquête restant ouverte.
Les médias américains, tels que Vox, soulignent que les performances de Cizeron et Fournier Beaudry ne peuvent plus être dissociées des affaires qui secouent le patinage artistique. La critique est d’autant plus acerbe que Gabriella Papadakis a récemment publié un livre dans lequel elle affirme avoir été sous l’emprise de Cizeron. Ce dernier conteste ces accusations et a engagé des démarches juridiques pour défendre son honneur.
Dans le contexte de la compétition, la docu-série Netflix « Danse sur glace : l’éclat de l’or » met en lumière ces tensions. Adam Rippon, dans un rôle central, évoque cette « énergie sinistre » qui entoure le duo français, ajoutant une couche de gravité à leur victoire. Laurence Fournier Beaudry, quant à elle, se décrit comme une « victime collatérale » de l’affaire Sørensen, soulignant ainsi la complexité de la situation.
Les critiques émergent, comme celle de la chroniqueuse Christine Brennan dans USA Today, qui dénonce un « terrible message » envoyé aux survivantes d’abus sexuels. Selon elle, honorer ce duo revient à minimiser les alertes concernant la sécurité des athlètes. Ce sentiment est partagé par plusieurs médias, qui insistent sur le fait qu’il est désormais impossible de commenter les performances des Français sans évoquer ces graves accusations et le contexte trouble dans lequel elles s’inscrivent.
Ce succès olympique, célébré par certains comme une victoire éclatante, est ainsi entaché par des controverses qui ne cessent de croître. La danse sur glace, art délicat et technique, se retrouve au cœur d’un débat plus large sur la sécurité et le bien-être des athlètes. Dans un monde où l’image et la performance sont souvent valorisées au détriment de la santé mentale et physique, le chemin à parcourir reste semé d’embûches.