Les fluctuations des prix du gaz ont suscité une attention particulière ces derniers mois. En général, les coûts tendent à augmenter durant l’hiver pour diminuer avec l’arrivée du printemps. Cependant, cette année, la tendance s’est inversée, et les consommateurs doivent se préparer à des hausses significatives.
EN BREF
- Le prix du kWh pour le chauffage augmente de 5,3 % en février 2026.
- Une hausse de 4 % pour la cuisson et l’eau chaude est prévue pour mars 2026.
- Les tensions sur le marché du gaz pourraient entraîner d’autres augmentations à venir.
Pour comprendre cette situation, il est essentiel de rappeler le contexte des prix repères du gaz. Depuis l’abolition du tarif réglementé en juin 2023, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie chaque mois un tarif indicatif. Bien que les fournisseurs aient la liberté de fixer leurs propres prix, la majorité ajuste leurs tarifs selon ce prix repère, influençant ainsi les factures des consommateurs.
Au cours de l’hiver 2024-2025, le prix repère avait connu une montée continue, avec une augmentation de 14 % pour l’usage cuisson-eau chaude et chauffage. Cette hausse était en partie due à un hiver rigoureux, augmentant la demande, mais également à la flambée des prix sur le marché européen du gaz.
En effet, l’indice TTF, considéré comme la référence sur le marché européen, a atteint un pic à 50,3 euros le mégawattheure en février 2025. Cependant, après cette période de tension, les prix ont chuté durant l’été et même à l’automne. En décembre 2025, l’indice TTF s’établissait à 27,6 euros le MWh, un niveau bas qui a permis à la CRE de fixer un prix repère historiquement faible à 0,0998 euro le kWh en février 2026.
Ce niveau, bien qu’attrayant, ne reflète pas la tendance actuelle. En effet, les marchés ont récemment commencé à remonter, entraînant les hausses de 5,3 % et 4 % des prix repères pour le chauffage et la cuisson/eau chaude. Édouard Lotz, responsable recherche et analyse marchés chez Omnegy, souligne qu’il existe toujours un décalage entre les mouvements des marchés de gros et les facturations des consommateurs.
La hausse actuelle survient à la fin de l’hiver, une période où les ménages commencent à réduire leur consommation de gaz en raison de l’augmentation des températures. En France, environ 11 millions de foyers dépendent du gaz pour leur chauffage. Dans ce contexte, les augmentations récentes devraient avoir un impact moindre sur les factures des consommateurs.
Cependant, les consommateurs doivent se préparer à d’autres hausses possibles dans les mois à venir. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont provoqué une envolée des prix du gaz sur les marchés de gros, signalant que la situation pourrait se détériorer davantage.
Pour ceux qui ont souscrit des offres indexées sur le prix repère, une augmentation de la facture est non seulement probable, mais presque inévitable. Une solution pour atténuer l’impact de ces hausses pourrait être de choisir un contrat à prix fixe. Ce type d’offre garantit un tarif stable sur une période généralement d’un à deux ans, offrant ainsi une protection contre les fluctuations à venir.
Face à l’incertitude des marchés et aux enjeux géopolitiques, il est plus que jamais crucial pour les consommateurs de rester informés et d’envisager leurs options pour gérer leurs dépenses en gaz.