La flambée des prix du gaz, qui devrait atteindre une augmentation d’au moins 15 % à partir de mai, suscite des interrogations parmi les Français. En effet, le cours du gaz a connu une hausse spectaculaire entre le 18 et le 19 mars, enregistrant une augmentation de 35 %. Cette situation est principalement liée à des frappes ciblant les infrastructures énergétiques du Qatar, un pays qui fournit environ 10 % du gaz consommé en Europe.
EN BREF
- Augmentation prévue de 15 % des prix du gaz à partir de mai 2026.
- Passer au chauffage électrique n’est rentable que dans certains cas.
- Le coût de l’installation d’un nouveau système de chauffage reste élevé.
Cette hausse s’ajoute à des augmentations antérieures, en grande partie liées à la guerre en Ukraine et aux blocages dans le détroit d’Ormuz, par où transitent 20 à 25 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié. En conséquence, le prix du gaz a plus que doublé depuis la fin décembre, passant d’environ 27 euros le MWh à près de 60 euros aujourd’hui.
Bien que cette hausse ne soit pas entièrement répercutée sur les factures, le comparateur de prix Selectra prévoit une augmentation annuelle de plus de 230 euros pour les foyers qui ont souscrit des offres indexées sur le prix du marché. Cela concerne environ 7 millions de ménages en France, pour qui les tarifs sont variables.
Pour faire face à cette situation, les consommateurs peuvent envisager de passer à une offre à prix fixe, garantissant un tarif constant pendant une à trois années. Cette option pourrait se révéler judicieuse avant que les hausses de prix ne soient intégralement appliquées par les fournisseurs. Toutefois, une question subsiste : la montée continue des prix du gaz pourrait-elle inciter à une transition vers d’autres sources d’énergie ?
En 2022, face à la flambée des prix du gaz atteignant 340 euros par MWh, de nombreux foyers avaient déjà changé de système de chauffage. Selon les estimations, environ 30 000 ménages avaient alors opté pour des solutions alternatives. L’électricité, deuxième source de chauffage la plus utilisée, a également subi des hausses de prix l’année précédente ; néanmoins, la situation actuelle pourrait différer.
Les experts estiment qu’il est peu probable que le tarif régulier de l’électricité augmente d’ici février 2027. Si les conflits géopolitiques se résolvent rapidement, les tarifs de l’électricité pourraient rester stables, contrairement à ceux du gaz.
Pour autant, est-il judicieux de passer au chauffage électrique ? Maxime de la Raudière, expert en énergie, souligne que le kWh d’électricité demeure plus coûteux que celui du gaz. Actuellement, le tarif réglementé de l’électricité s’élève à 19,4 centimes par kWh, tandis que le gaz coûte environ 10,4 centimes par kWh. Même avec une augmentation de 15 ou 20 %, le gaz reste plus compétitif.
Un chauffage électrique pourrait se révéler économique dans des logements optimisés pour la consommation d’énergie. Cela inclut des habitations à faible surface, une bonne isolation ou des systèmes de chauffage performants, tels que des pompes à chaleur.
Pour illustrer cette dynamique, une simulation basée sur les estimations de consommation d’Engie révèle qu’un foyer de quatre personnes dans une maison moderne de 80 m² consommerait environ 13 500 kWh par an avec du gaz, soit un coût d’environ 1 400 euros, qui pourrait atteindre 1 610 euros avec l’augmentation prévue. En revanche, un système électrique performant permettrait une consommation de 7 000 kWh par an, représentant un budget d’environ 1 358 euros, hors abonnement.
Cependant, dans d’autres situations, notamment pour des maisons anciennes ou disposant de radiateurs électriques vieillissants, le gaz demeure plus économique. Il est également crucial de noter que le changement de système de chauffage requiert un investissement conséquent. Par exemple, l’installation d’une pompe à chaleur peut dépasser les 10 000 euros, tandis qu’une chaudière à gaz coûte environ 3 000 euros. De plus, des travaux d’isolation, indispensables pour optimiser le confort énergétique, représentent un coût moyen de 20 000 euros.
Maxime de la Raudière souligne que la décision de changer de système dépendra également de la volonté des pouvoirs publics d’encourager la rénovation énergétique à travers des aides financières. Bien que le budget de MaPrimeRénov’ ait été rehaussé en 2026 à 3,6 milliards d’euros, 83 000 dossiers demeuraient en attente d’instruction lors de la réouverture du guichet le mois dernier.
En l’absence de moyens suffisants pour rénover ou investir dans des systèmes de chauffage performants, le gaz reste encore l’option la plus économique pour la majorité des foyers, malgré ses impacts environnementaux indéniables.