Ce mercredi, le film « Holding Liat », réalisé par Brandon Kramer, fait son entrée dans les salles de cinéma. Ce documentaire, récompensé par le prix du meilleur documentaire à la Berlinale en 2025, plonge au cœur d’une tragédie familiale survenue après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
EN BREF
- Le film suit la famille Atzili, touchée par l’enlèvement de Liat et Aviv par le Hamas.
- Yehuda, le père, appelle à la mobilisation politique pour la libération des otages.
- Liat, libérée après 54 jours, se consacre à la paix et à la réconciliation.
Au cœur de l’œuvre, la caméra s’attarde sur Yehuda, le père de Liat, qui est également un parent éloigné du réalisateur. Pendant près de deux ans, Kramer a suivi cette famille meurtrie, dont le quotidien a été bouleversé par l’enlèvement de ses membres. “Nous sommes dirigés par des fous, que ce soit du côté israélien ou palestinien. Et le résultat, c’est toujours la mort et la destruction”, déclare Yehuda, un citoyen américain qui se rend à Washington pour mobiliser les autorités américaines.
Le film se déroule dans le kibboutz de Nir Oz, un des lieux les plus touchés par l’attaque. Parmi les 252 otages capturés, douze sont des citoyens américains, soulignant l’impact international de cette crise. Yehuda, lors de son voyage, est confronté à des divergences au sein de sa propre famille, notamment avec sa fille qui a choisi de vivre à l’étranger.
Cette famille engagée à gauche se retrouve divisée sur la manière de gérer la situation. Alors que le père veut interpeller les élus américains sur la responsabilité du gouvernement israélien, sa fille s’y oppose, malgré sa critique du gouvernement. Ces tensions révèlent les fissures qui traversent les convictions familiales face à l’horreur de la violence.
Le fils cadet, Netta, a vécu des événements traumatisants en bloquant la porte de la pièce de sécurité de son domicile pour échapper aux assaillants. Il ne comprend pas non plus le désir de son grand-père de politiser la situation. “Comment peut-on coexister dans une telle violence ?” s’interroge la sœur de Liat, qui a choisi de quitter Israël.
Le documentaire se termine sur le parcours de Liat, qui, après 54 jours de captivité, doit faire face à la perte de son mari, Aviv. Sa libération est marquée par un profond choc et un deuil difficile. Pourtant, Liat s’engage activement pour la paix et la fin de la violence. Dans le dossier de presse, le réalisateur exprime son intention de montrer l’humanité de Liat et de sa famille. “Il est fondamental de voir quelqu’un comme Liat qui, après avoir traversé tout ce qu’elle a traversé, exprime cette empathie pour les Palestiniens”, affirme-t-il.
En offrant un regard intime sur la souffrance et la résilience de sa protagoniste, « Holding Liat » aspire à contribuer à la réflexion sur les cycles de violence qui perdurent dans la région. Le film pose ainsi une question essentielle : Comment reconstruire un avenir pacifique dans un contexte de douleur et de perte ?