Impôts 2026 : attention à la case 1PB pour les pourboires exonérés

La campagne de déclaration de revenus pour l’année 2026 a débuté, et de nombreux Français ont tendance à valider les informations préremplies sans y prêter attention. Pourtant, une case en particulier pourrait faire la différence pour des centaines de milliers de salariés dans l’hôtellerie-restauration. Si elle est mal remplie ou ignorée, elle pourrait entraîner des impôts sur des sommes qui devraient être exonérées.

EN BREF

  • La case 1PB permet d’exonérer les pourboires des impôts sur le revenu.
  • Les pourboires doivent être inférieurs à 20 % de la rémunération totale.
  • La déclaration en ligne est ouverte depuis le 10 avril.

Depuis 2022, les pourboires perçus par les salariés dont la rémunération ne dépasse pas 1,6 fois le SMIC mensuel sont exonérés d’impôt sur le revenu. Cette mesure, adoptée pour soutenir l’économie après la pandémie, a été prolongée jusqu’en 2026 par un amendement voté à l’Assemblée nationale. Cela signifie que des professionnels tels que serveurs, barmans ou réceptionnistes ne devraient pas être imposés sur les pourboires qu’ils reçoivent, y compris ceux versés par carte bancaire.

Cependant, un problème persiste : les employeurs transmettent souvent à l’administration fiscale un montant global de rémunération qui inclut ces pourboires exonérés. Ainsi, ces derniers se retrouvent par erreur dans la case 1AJ, celle réservée aux salaires imposables. Si aucune correction n’est apportée, les contribuables se retrouvent à payer des impôts sur des sommes qui, selon la loi, devraient être exonérées.

Pour éviter cette erreur coûteuse, il est essentiel de retirer le montant des pourboires de la case 1AJ et de le reporter manuellement dans la case P1B, dédiée aux revenus exonérés. Cette manipulation ne prend qu’une trentaine de secondes, mais reste méconnue de nombreux contribuables.

Avant de procéder à votre déclaration, vérifiez que vous remplissez les conditions nécessaires. Premièrement, votre salaire mensuel brut ne doit pas dépasser 1,6 fois le SMIC, soit environ 2 827 euros bruts en 2025. Deuxièmement, les pourboires ne doivent pas excéder 20 % de votre rémunération totale. Peu importe qu’ils soient versés en espèces, par carte bancaire ou redistribués par l’employeur via un tronc commun ; tant que le plafond est respecté, tous sont éligibles.

Il est également important de noter que cette exonération s’applique non seulement à l’impôt sur le revenu, mais aussi aux cotisations sociales salariales. Cela représente un double avantage qui, sur une année complète, peut se traduire par plusieurs centaines d’euros d’économies pour un salarié du secteur de la restauration. Malheureusement, des millions de déclarations sont envoyées chaque année sans cette correction.

La déclaration en ligne est accessible sur le site impots.gouv.fr depuis le 10 avril. Pour les contribuables utilisant encore le papier, les envois postaux se poursuivent jusqu’au 24 avril. Il est crucial de s’assurer que les informations saisies sont correctes, car un retard, même de quelques jours, peut entraîner une majoration de 10 % de l’impôt dû.

Pour ceux qui bénéficient de la déclaration automatique, une vigilance est de mise. Ne pas modifier les montants préremplis valide les informations telles quelles, y compris les pourboires. Il est donc indispensable de passer en mode « correction » même si tout semble correct.

D’autres cases méconnues méritent également une attention particulière. Par exemple, la case 2CA permet de déduire certains frais bancaires liés à la gestion de placements. Les frais de garde de titres, d’encaissement de dividendes ou de location de coffre-fort peuvent être déduits, tandis que les frais de tenue de compte courant classique ne le sont pas. Avant de remplir cette case, il est essentiel de déterminer s’il est plus avantageux de rester au prélèvement forfaitaire unique ou d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Pour les contribuables ayant un taux marginal d’imposition inférieur à 30 %, le barème progressif associé à la déduction des frais peut s’avérer plus intéressant. Un calcul rapide sur le simulateur des impôts permet de faire le bon choix.

Enfin, il est primordial de ne pas négliger les autres cases qui pourraient alléger la facture fiscale. Par exemple, la case L pour les personnes vivant seules, la déduction PER pouvant atteindre 11 304 euros, ou encore les cases 7WJ et 7WI pour les seniors. La déclaration préremplie peut sembler pratique, mais elle peut aussi être piégeuse pour ceux qui valident les informations sans vérification.