Incendie de Crans-Montana : refus d’une mousse ignifuge par les propriétaires du Constellation

Un nouvel élément a émergé dans l’enquête sur l’incendie tragique du bar Le Constellation, survenu à Crans-Montana lors de la nuit de Nouvel An, faisant 41 victimes. Selon des témoignages récents, Jacques et Jessica Moretti, les propriétaires de l’établissement, auraient choisi de ne pas installer de mousse ignifuge en raison de considérations budgétaires.

EN BREF

  • Les propriétaires du Constellation auraient refusé l’installation d’un plafond ignifuge.
  • Un entrepreneur témoigne que ce choix a été dicté par des raisons financières.
  • Une enquête pour négligence est toujours en cours, impliquant neuf personnes.

Le 1er janvier 2023, un incendie a ravagé le bar Le Constellation, entraînant une tragédie qui a profondément choqué la communauté locale. Dans le cadre de l’enquête, un entrepreneur ayant participé aux travaux de rénovation en 2015 a révélé que Jacques et Jessica Moretti avaient explicitement refusé l’option d’un plafond capitonné avec une mousse anti-feu. Cette information a été transmise aux autorités judiciaires suisses par le biais d’un courriel, et elle vient renforcer les accusations de négligence qui pèsent sur les époux Moretti.

Selon les déclarations de cet entrepreneur, qui a souhaité garder l’anonymat, la décision de ne pas opter pour la mousse ignifuge a été prise pour des raisons économiques. En effet, le coût de cette option s’élevait à environ 13 000 euros, une somme que les propriétaires auraient jugée trop élevée. À la place, ils ont choisi une mousse phonique, qui, d’après l’entrepreneur, n’aurait pas été conçue pour résister aux flammes.

Les Moretti, quant à eux, contestent fermement ces allégations. Ils soutiennent avoir agi conformément aux normes de sécurité en vigueur et réfutent toute responsabilité dans l’incendie qui a eu lieu quelques années après les rénovations. Ils affirment également que l’entrepreneur en question n’a pas fourni la mousse ignifuge mentionnée, mais seulement celle qui a été installée, entraînant une réaction rapide des flammes, provoquant un embrasement en seulement 92 secondes.

Dans le même courriel, l’entrepreneur a également évoqué des menaces qui lui auraient été adressées par Jacques Moretti, qui aurait exprimé son mécontentement d’une manière particulièrement virulente. Il aurait même déclaré vouloir « lui casser les jambes » pour avoir été trop direct avec sa femme. Ces menaces ont conduit l’entrepreneur à mettre fin à sa collaboration avec les époux Moretti et à cesser de répondre à leurs demandes.

L’enquête, qui se concentre sur des accusations d’incendie par négligence, d’homicide involontaire et de lésions corporelles graves, se poursuit. Neuf personnes sont actuellement sous enquête, et les résultats de cette investigation sont attendus avec impatience par les familles des victimes, qui espèrent obtenir des réponses et une forme de justice suite à cette tragédie.

Alors que le processus judiciaire se déroule, la communauté de Crans-Montana reste en état de choc face à la perte tragique de tant de vies. Les discussions autour des normes de sécurité dans les établissements publics se multiplient, poussant à une réflexion plus large sur la prévention des incendies et la responsabilité des propriétaires d’établissements. L’évolution de cette affaire sera scrutée de près, tant par les médias que par les citoyens, soucieux de comprendre comment une telle catastrophe a pu se produire.