Incident lors de la présentation du livre de Jordan Bardella : des journalistes exclus

Le 4 novembre 2026, la présentation du livre de Jordan Bardella, intitulé Gouverner, a été marquée par une controverse inattendue au Pavillon Wagram, à Paris. À quelques heures de l’événement, plusieurs journalistes ont été interdits d’accès, suscitant un vif émoi au sein de la presse.

EN BREF

  • Trois journalistes se sont vus refuser l’entrée à la soirée de lancement du livre de Bardella.
  • La décision a provoqué une vague de protestation parmi les médias présents.
  • Bardella a réagi sur X, qualifiant les manifestants d’« extrême gauche ».

Selon des informations rapportées par l’AFP, les journalistes concernés incluent un reporter de Mediapart, un autre de Politis et un journaliste indépendant. Bien que le journaliste de Mediapart possédait un billet nominatif, il s’est vu refuser l’accès, une décision qui a mis en lumière des tensions croissantes entre le Rassemblement national (RN) et certains médias.

Victor Chabert, directeur du service de presse du RN, a justifié cette exclusion en qualifiant l’événement de “soirée privée”. Il a également affirmé que les journalistes savaient qu’ils n’étaient pas accrédités. Cette explication n’a pas été bien reçue par les autres journalistes présents, qui ont décidé de quitter la soirée en solidarité avec leurs collègues exclus.

Carine Fouteau, présidente de Mediapart, a dénoncé cette situation comme une nouvelle entrave à la liberté de la presse, émettant des accusations de censure. Ce climat de méfiance entre le RN et le journal d’investigation s’est intensifié après la publication, fin septembre, d’écrits antisémites attribués à Jordan Bardella. Ce dernier a fermement nié ces accusations et a déposé plainte pour diffamation.

À l’extérieur du Pavillon Wagram, une quinzaine de militants du collectif Nous Vivrons se sont rassemblés pour exprimer leur opposition à la présence de Bardella. Armés de pancartes et de mégaphones, ils ont scandé des slogans tels que “Pas d’antisémites en République” et “Bardella, ton antisémitisme ne s’efface pas”.

Avant même son arrivée, Jordan Bardella a réagi sur X, accusant “l’extrême gauche” d’organiser une manifestation contre son livre et évoquant une “nostalgie des régimes totalitaires” en pleine expansion. Sa réponse, teintée d’insolence, a été particulièrement remarquée : il a partagé une photo où l’on pouvait lire “Vu et s’en tape” avec sa signature, en réaction à une publication sur le refus d’accès de certains journalistes.

Cette situation soulève des questions essentielles sur la liberté de la presse et le rapport entre les partis politiques et les médias. Alors que Bardella continue d’affirmer son engagement en tant que leader du RN, les tensions entre son parti et les journalistes semblent s’intensifier, laissant présager des débats houleux à venir.

Dans un contexte où la communication politique est souvent scrutée, cet événement souligne les défis que rencontrent les journalistes dans l’exercice de leur métier, en particulier lorsqu’ils sont confrontés à des personnalités controversées. La manière dont ce conflit sera géré par les parties concernées pourrait bien avoir des répercussions sur la perception publique du RN et de ses leaders.