Une scène controversée a eu lieu à Mulhouse lors d’une fête étudiante organisée à la Haute école des arts du Rhin (HEAR). Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé son indignation face à une performance artistique jugée provocatrice, où des étudiants ont frappé une pinata représentant une voiture de police.
EN BREF
- Une performance artistique anti-police a eu lieu à Mulhouse.
- Le ministre de l’Intérieur a demandé des sanctions judiciaires.
- Le directeur de la HEAR défend la liberté d’expression artistique.
La performance, qui a été filmée et largement partagée sur les réseaux sociaux, a eu lieu le 29 janvier. Sur la vidéo, l’on voit un élève, les yeux bandés, frapper avec ferveur la pinata, sous les applaudissements du public. Cette scène a soulevé une vague d’indignation, notamment auprès des autorités.
Dans un communiqué posté sur le réseau social X, Laurent Nuñez a déclaré : « Il ne faut pas laisser passer cette idéologie anti-flics ». Il a également demandé au préfet du Haut-Rhin d’initier une procédure judiciaire pour déterminer les responsabilités dans cette affaire, soulignant que des actes de ce type, commis par des étudiants dans une institution publique, sont d’autant plus choquants.
Le parquet a depuis ouvert une enquête pour « outrage » aux forces de l’ordre et au drapeau tricolore. Les enquêteurs ont constaté qu’une photo prise lors de l’événement montrait un drapeau tricolore avec l’inscription « Police nationale » déchiré.
Une étudiante ayant participé à la performance a souhaité rester anonyme. Elle a expliqué que cette action visait à dénoncer « les violences et les dérapages des forces de l’ordre, mais à l’international », et ne visait pas spécifiquement la police française. De son côté, une autre participante a affirmé qu’aucun propos dégradant n’avait été tenu à l’encontre des forces de l’ordre.
Le directeur de la HEAR, Stéphane Sauzedde, a exprimé ses regrets quant à la perception de la performance. Dans un communiqué, il a précisé que cette initiative était le fruit d’un atelier pédagogique sur les fêtes populaires. Il a également affirmé que la représentation d’un véhicule de police sous forme de pinata était une œuvre artistique, relevant du domaine de la création et de l’expérimentation.
« Un travail pédagogique sera mené dans les jours à venir pour aborder l’articulation entre la liberté de création et la responsabilité des artistes », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d’une réflexion dans un contexte politique complexe.
La maire de Mulhouse, Michèle Lutz, a qualifié cette mise en scène de « très mauvais goût ». Elle a rappelé que la liberté d’expression, y compris dans le domaine artistique, ne devait pas justifier des actes qu’elle considère comme des outrages. Selon elle, le choix initial des étudiants était d’incendier un véhicule de pompiers factice, avant de se rabattre sur la pinata policière.
Cette affaire soulève des questions sur les limites de l’art et de la liberté d’expression, en particulier dans un climat où les tensions entre la police et certains groupes de la société sont exacerbées. Les réactions des autorités et des instances éducatives témoignent d’un débat plus large sur le rôle de l’art dans la critique sociale et politique.