Inès, 36 ans, sacrifie son héritage pour surmonter un cancer et subvenir à sa famille

Inès, 36 ans, fait face à une épreuve difficile : atteinte d’un cancer du sein, elle doit jongler entre ses soins, son rôle de mère célibataire et des finances précaires. Dans un contexte où la sensibilisation au cancer du sein prend de l’ampleur, son témoignage met en lumière les défis financiers auxquels font face de nombreux malades, souvent invisibles aux yeux du grand public.

EN BREF

  • Inès a liquidé une partie de l’héritage de sa mère pour faire face à ses dépenses liées au cancer.
  • Son arrêt maladie mal indemnisé l’a amenée à devoir subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille.
  • Son témoignage souligne les charges financières « invisibles » que doivent supporter les malades.

Diagnostiquée en 2023, Inès a vu ses dépenses quotidiennes exploser. Après avoir suivi une grosseur dans sa poitrine pendant deux ans, un contrôle d’urgence a révélé qu’elle était atteinte d’un cancer. « C’était un choc. J’ai demandé un nouveau contrôle en urgence. J’ai fait une biopsie et là, c’était un cancer », confie-t-elle.

Cette psychologue, qui a dû interrompre son activité professionnelle, se rend rapidement compte que les indemnités d’arrêt maladie ne couvrent pas ses besoins. « Pour bénéficier d’un salaire complet, il fallait avoir travaillé au moins trois ans dans la fonction publique hospitalière. Moi, ça faisait deux ans. J’ai donc touché la moitié de mes indemnités, soit environ 700 à 800 euros », explique-t-elle. Avant la maladie, Inès gagnait près de 2800 euros nets par mois.

Les défis financiers et le poids de la maladie

En plus de ses propres soins, Inès doit s’occuper de sa fille de trois ans. Les frais liés à la garde d’enfants, à la cantine et aux activités scolaires s’accumulent. Inès est confrontée à un reste à charge « invisible » qui ne cesse de croître. Des dépenses non remboursées, telles que les soutiens-gorge adaptés après une mastectomie ou les perruques, viennent s’ajouter à son budget déjà serré.

« J’ai dû puiser dans mes économies. En tout, j’ai perdu 15 000 euros pendant cet arrêt », déclare-t-elle, soulignant le sacrifice fait sur l’héritage de sa mère décédée d’un cancer à un jeune âge. « C’est à la fois un luxe et un drame », dit-elle, ressentant le poids de ce choix douloureux.

Retour au travail et perspectives d’avenir

Avec des dépenses qui ne cessent d’augmenter, Inès prend la décision de reprendre le travail plus tôt que prévu, malgré les risques. « J’ai dû demander à reprendre contre avis médical au bout de 10 mois parce que financièrement, ça devenait compliqué », explique-t-elle. Elle se retrouve alors contrainte d’abandonner son activité libérale en raison d’une protection sociale insuffisante.

Malgré ces défis, Inès a eu la chance de donner naissance à un nouvel enfant, mais cette joie est à nouveau ternie par des préoccupations financières. « Je ne peux pas toucher l’allocation forfaitaire de repos maternel réservée aux travailleuses indépendantes. Ça représente encore une perte de 7 ou 8000 euros », déplore-t-elle.

Inès ne cache pas son désenchantement face à la campagne d’Octobre rose. « J’en ai assez d’entendre parler de sensibilisation alors que les moyens pour la santé sont trop faibles. À quoi bon mettre des rubans roses partout si c’est pour nous donner des cosmétiques cancérigènes ? »

Son témoignage est un appel à la prise de conscience des réalités que vivent les malades du cancer, souvent en proie à des difficultés financières qui compromettent leur bien-être. En cette période de sensibilisation, il est crucial de ne pas oublier les voix de ceux qui luttent en silence.