Ingérences numériques : des faux comptes iraniens pour diviser la France

Dans le cadre de l’émission Le Vrai ou Faux, diffusée du lundi au vendredi, une attention particulière est portée sur les ingérences numériques étrangères, notamment à l’approche des élections présidentielles. Ce mercredi 12 août, la menace iranienne a été mise en lumière.

EN BREF

  • Des faux comptes sur X sont pilotés depuis l’Iran pour influencer l’opinion française.
  • Ces comptes, ayant une diversité apparente, visent à aggraver les fractures politiques en France.
  • Malgré leur impact limité, ces opérations soulignent une ingérence numérique croissante.

Les autorités françaises ont récemment identifié un réseau complexe de faux comptes francophones sur le réseau social X, orchestré depuis l’Iran. Contrairement à d’autres acteurs comme la Russie, ces désinformateurs iraniens utilisent des méthodes plus discrètes et s’inscrivent dans une stratégie à long terme. La France, en raison de ses positions critiques sur le programme nucléaire iranien et son soutien au mouvement « Femme, Vie, Liberté », est devenue une cible privilégiée.

En septembre 2025, des analystes ont découvert que ces faux comptes, se faisant passer pour des utilisateurs français, relayent des hashtags tels que #MacronDémission et #AgriculteursEnColère. Cette manœuvre vise à polariser davantage le débat public en France. Certains de ces profils affichent des positions nationalistes, défendant un retrait de la France de l’Union européenne, tandis que d’autres adoptent des discours pro-palestiniens ou s’alignent sur la gauche radicale. Cette diversité apparente masque en réalité un objectif unique : exacerber les divisions politiques internes.

Les experts du groupe Projet Fox, spécialisé dans le renseignement numérique, ont constaté que ces comptes promeuvent activement des mouvements sociaux, dont le mouvement du 10 septembre, tout en critiquant le gouvernement français. Selon ces analystes, il s’agit d’un réseau de bots, piloté par une entité étrangère, visant à intensifier les fractures sociales en France.

Une anomalie intrigante a été mise en avant par l’ONG britannique NetBlocks. Lors des coupures d’internet décidées par les autorités iraniennes, ces faux comptes cessent de publier presque instantanément, puis reprennent leur activité dès la restauration du réseau. Ce phénomène a été particulièrement observé en janvier 2026, lors d’une coupure destinée à réprimer les manifestations civiles en Iran. De plus, lorsque le réseau social X a commencé à afficher la localisation des comptes, de nombreux profils suspects ont montré une localisation en Iran.

Il est important de noter que les tentatives d’ingérence iraniennes ne se limitent pas uniquement au domaine numérique. Des groupes liés à Téhéran sont également impliqués dans des cyberattaques ciblant la France et l’Europe. Cette approche hybride, combinant influence numérique et actions menées par des intermédiaires, distingue l’Iran d’autres acteurs sur la scène internationale.

Pour l’instant, les conséquences de ces ingérences restent limitées. Les faux comptes n’ont pas réussi à rassembler une audience significative, et leurs messages sont restés confinés à des cercles relativement restreints. Bien que plusieurs profils aient été suspendus par X, d’autres émergent rapidement, montrant ainsi la résilience de ces réseaux.

Cette situation soulève des questions sur l’avenir de la cybersécurité en France et la nécessité de rester vigilant face à des menaces de cette nature. Alors que le paysage numérique continue d’évoluer, il est crucial de sensibiliser le public aux dangers de la désinformation et aux ingérences étrangères qui pourraient influencer les décisions politiques au sein du pays.