La situation à bord du MV Hondius, reliant Ushuaïa à l’archipel du Cap-Vert, suscite des inquiétudes croissantes. Ce navire est devenu le centre d’une infection rare, le hantavirus. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que, parmi huit cas suspectés, cinq sont désormais officiellement confirmés. Malheureusement, le bilan s’alourdit avec trois décès, touchant un couple néerlandais et une ressortissante allemande.
EN BREF
- Cinq cas confirmés de hantavirus sur le MV Hondius, entraînant trois décès.
- Experts rassurants malgré la gravité de la souche Andine détectée.
- Transfert des passagers vers Tenerife prévu en évitant tout contact avec la population locale.
Robert Sebbag, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière, invité sur le plateau d’Estelle Midi, a appelé à la vigilance tout en tempérant les craintes. « Nous ne sommes pas dans la phase d’un nouveau coronavirus, qui était un virus totalement inconnu. Les hantavirus sont des virus que nous connaissons depuis les années 1950 », a-t-il rassuré.
Cependant, il a souligné la dangerosité de la souche Andine du hantavirus. L’une des particularités de cette maladie est sa longue durée d’incubation, qui peut atteindre jusqu’à six semaines. Cela signifie que les victimes pourraient avoir contracté le virus en Argentine avant même de monter à bord du navire.
Réactions variées face à la menace
Lors d’un débat sur la menace potentielle du hantavirus, les opinions divergeaient. Mac Lesggy, animateur et chroniqueur, a exprimé un certain optimisme. « Ce qui me rassure, c’est que nous avons appris beaucoup avec le Covid. Je ne suis pas particulièrement inquiet », a-t-il affirmé. Pierre Rondeau, également présent, a rejeté la panique, déclarant : « J’ai envie de croire les autorités compétentes. Cela ne ressemble en rien au Covid ». Cependant, des voix plus sceptiques, comme celle de la journaliste Juliette Briens, s’interrogent sur la gestion de la situation. « Je suis rassurée par le contrôle, mais je m’inquiète pour les passagers qui vont débarquer aux Canaries, là où je compte passer mes vacances », a-t-elle exprimé.
Le public, quant à lui, semble partagé. David, un auditeur de RMC, a ironisé sur la communication officielle : « Je m’inquiéterai surtout quand j’entendrai le gouvernement nous dire « ne vous inquiétez pas, on gère ». » Cette méfiance envers les déclarations des autorités est palpable, alors que 149 personnes restent encore à bord du MV Hondius.
Préparation des autorités face à la situation
Alors que le croisiériste assure qu’aucun passager ne présente de symptômes, le débarquement à Tenerife prévu ce week-end s’annonce délicat. Robert Sebbag a exprimé l’espoir que les autorités espagnoles soient prêtes à gérer cette situation. « J’espère que les centres espagnols sont capables de faire des séquençages et de disposer de centres de réanimation au cas où des manifestations respiratoires se produiraient », a-t-il déclaré. Il a également précisé que le navire ne devrait pas accoster à quai, mais rester au large, avec une évacuation par vedettes vers l’aéroport afin d’éviter tout contact avec la population locale.
Comprendre le hantavirus
Pour mieux appréhender cette maladie, il est essentiel de rappeler quelques aspects clés. Découvert en 1978, le hantavirus tire son nom de la rivière Hantan, située entre les deux Corées. Les symptômes varient en fonction des souches, engendrant des fièvres, des troubles rénaux ou encore des syndromes respiratoires graves. Bien que la transmission humaine soit rare, il est possible de contracter le virus via la souche Andine, généralement véhiculée par les rongeurs. Actuellement, il n’existe pas de vaccin ni de traitement spécifique. Le port du masque peut être recommandé en cas de doute, mais Robert Sebbag insiste sur la nécessité de ne pas sombrer dans une psychose.
Les prochaines heures s’annoncent critiques pour les passagers et les autorités. La vigilance reste de mise, tout en gardant à l’esprit l’importance d’une communication claire et rassurante pour éviter la panique.