Interception d’un pétrolier russe en Méditerranée par la Marine française

La marine française a réalisé une opération d’interception marquante, ce mardi, en Méditerranée centrale. Un pétrolier, soupçonné de faire partie de la « flotte fantôme » russe, a été arraisonné alors qu’il naviguait près de la Sicile. Le président Emmanuel Macron a déclaré que cette action s’inscrit dans la lutte contre le contournement des sanctions imposées à la Russie, visant à financer son effort de guerre.

EN BREF

  • Un pétrolier nommé Deliver a été intercepté pour suspicion de faux pavillon.
  • Cette opération souligne l’engagement de la France contre le contournement des sanctions russes.
  • C’est la cinquième interception de ce type réalisée par les forces françaises.

Le pétrolier Deliver, arborant un pavillon camerounais, transitait en provenance de Primorsk, en Russie. La préfecture de la Méditerranée a précisé que l’examen des documents a révélé des doutes sur la régularité du pavillon. Un signalement a ainsi été adressé au procureur de Marseille, qui a ordonné le déroutement du navire.

Selon les autorités, l’opération de contrôle a été effectuée en vertu de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui permet de vérifier la nationalité d’un navire soupçonné d’arborer un faux pavillon. À l’heure actuelle, le Deliver est escorté par des moyens de la marine nationale vers un point de mouillage pour continuer les vérifications nécessaires.

Cette interception est la cinquième réalisée par la France depuis le début de cette année. Précédemment, la marine nationale avait arraisonné d’autres navires suspects, notamment le Tagor le 31 mai dans l’océan Atlantique, ainsi que le Deyna et le Grinch en Méditerranée en mars et janvier 2026. Le Boracay avait également été intercepté en septembre 2025 au large d’Ouessant, en Finistère.

Le Tagor, toujours immobilisé, a suscité des discussions sur les amendes imposées aux autres navires. En effet, le Deyna et le Grinch avaient pu reprendre la mer après le paiement d’amendes, dont le montant exact reste confidentiel. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait mentionné que ces amendes s’élevaient à « plusieurs millions d’euros » dans le cas du Grinch.

Le 8 avril dernier, la France a exprimé son intention de durcir les sanctions liées aux infractions concernant le pavillon et le refus d’obtempérer. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a souligné que pour enrayer l’économie de guerre russe, il est crucial de couper les circuits qui financent l’agression contre l’Ukraine.

La dernière interception par la France a provoqué une réaction de Moscou, qui a dénoncé une opération « à la limite de la piraterie internationale ». De son côté, le Cameroun a fermement condamné l’utilisation frauduleuse de son pavillon par le Tagor, mettant en avant les enjeux diplomatiques liés à ces interceptions.

Ce dossier témoigne de la détermination des forces européennes à lutter contre les activités de la flotte fantôme russe. En effet, les forces britanniques ont également intercepté un pétrolier de cette flotte dans la Manche le 14 juin. L’interception du Deliver a été menée en étroite coopération avec l’opération européenne Eunavfor Med Irini et avec des alliés, tels que le Royaume-Uni.

Cette série d’interceptions illustre l’engagement des pays européens à maintenir la pression sur la Russie et à prévenir le financement de ses opérations militaires, tout en veillant à respecter le droit maritime international.