Interdiction d’un salon islamique à Meyzieu en raison d’un prédicateur controversé

La mairie de Meyzieu, située dans le Rhône, a annoncé le jeudi 12 juin 2026 son intention d’interdire le salon islamique « Aux Sources », prévu pour les 13 et 14 juin. Cette décision fait suite à la présence annoncée de Vincent Guyot, également connu sous le nom de Vincent Souleymane, un prédicateur considéré comme proche des Frères musulmans.

EN BREF

  • Le salon islamique « Aux Sources » est prévu pour les 13 et 14 juin 2026.
  • Vincent Guyot, un prédicateur controversé, est au cœur de l’interdiction.
  • Le maire de Meyzieu a sollicité l’aide du préfet pour sécuriser cette décision.

Issam Benzeghiba, maire de Meyzieu, a précisé dans un courrier adressé au préfet du Rhône, Etienne Guyot, que cette interdiction est nécessaire pour éviter des troubles à l’ordre public. Dans ce document, publié sur les réseaux sociaux, il décrit Vincent Guyot comme un prédicateur aux positions antisémite et hostile aux droits des femmes ainsi qu’aux personnes LGBT. Le maire souligne également que Guyot a déjà été critiqué pour ses déclarations, jugées comme des appels à la haine.

La présence de Vincent Guyot avait déjà conduit à l’interdiction de l’édition 2025 du salon. Cependant, cette décision avait été annulée par la justice administrative suite à un recours des organisateurs. Dans un souci de sécurité juridique, Issam Benzeghiba exprime son souhait de s’assurer que cette nouvelle interdiction soit solide face à un éventuel nouveau recours.

En juin 2023, une conférence de Vincent Guyot à Lyon avait également été annulée, cette fois par la mairie écologiste et la préfecture du Rhône. Cette situation a conduit le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de la région Auvergne-Rhône-Alpes à intervenir, appelant les autorités à faire preuve de vigilance dans la prévention des atteintes à l’ordre public.

Cette décision d’interdire le salon islamique suscite des débats au sein de la communauté locale et au-delà. D’un côté, les partisans de l’interdiction arguent qu’il est impératif de protéger les valeurs républicaines et de garantir la sécurité publique. De l’autre, certains voient cette démarche comme une atteinte à la liberté d’expression et à la pratique religieuse.

Dans un contexte sociopolitique déjà tendu, la question de la liberté d’expression face à des discours jugés dangereux continue de diviser l’opinion publique. Les acteurs politiques, les associations et les citoyens s’interrogent sur les limites à poser et les risques à encourir pour préserver l’harmonie sociale.