Le Chili a marqué une étape significative dans son histoire politique avec l’investiture de José Antonio Kast à la présidence, faisant de lui le chef d’État le plus à droite depuis la dictature de Pinochet. Cette cérémonie s’est déroulée le 11 mars 2026 au Parlement de Valparaíso, où M. Kast a prêté serment devant un public rassemblé pour l’occasion.
EN BREF
- José Antonio Kast, président d’extrême droite, a été investi au Chili.
- Il promet de lutter contre la délinquance et l’immigration irrégulière.
- Les nominations de son cabinet suscitent déjà l’indignation de l’opposition.
Agé de 60 ans, José Antonio Kast a prononcé la formule de serment, déclarant : « Oui, je le jure », avant de recevoir l’écharpe présidentielle des mains des autorités présentes. Son investiture a attiré de nombreux dirigeants régionaux, témoignant de l’importance de cet événement tant sur le plan national qu’international.
Encadré par sa Première dame, Maria Pia Adriasola, M. Kast a quitté le Parlement à bord d’une Ford Galaxie décapotable, symbole d’une tradition marquée par le passé. Cette cérémonie s’inscrit dans un contexte où la droite détient une majorité au Parlement, permettant à M. Kast d’initier rapidement sa politique.
Lors de son discours, le nouveau président a promis que « les choses vont changer », inscrivant son mandat dans une dynamique de transformation. Son élection s’inscrit dans une tendance plus large en Amérique latine, où plusieurs gouvernements conservateurs ont émergé récemment, en écho à un climat politique marqué par des inquiétudes face à la criminalité et à l’immigration.
José Antonio Kast a remporté les élections présidentielles de décembre 2025, promettant de s’attaquer à des problématiques telles que la délinquance et l’immigration irrégulière. Son ascension a suscité des espoirs mais aussi des craintes parmi la population. José Miguel Uriona, un commerçant de Valparaíso, a déclaré : « J’ai bon espoir en Kast. Cela fait de nombreuses années que nous subissons beaucoup de vandalisme et de délinquance. »
Malgré la montée des inquiétudes face à la violence, le Chili demeure un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, avec un taux d’homicides de 5,4 pour 100 000 habitants en 2025. Toutefois, l’analyste politique Rodrigo Arellano souligne que les problèmes structurels du pays nécessitent des solutions à long terme, et avertit que les attentes élevées des citoyens pourraient se retourner contre le nouveau président.
Un cabinet controversé
Le cabinet de José Antonio Kast, composé de 24 ministres, a déjà provoqué des réactions mitigées. Sa sélection inclut des individus ayant des liens avec l’ancien régime de Pinochet, notamment deux ex-avocats de celui-ci, ainsi qu’une militante anti-avortement qui dirigera le ministère de la Femme. Cette composition suscite des critiques de l’opposition, qui s’inquiète d’un manque d’expérience politique et de négociation.
Le politologue Alejandro Olivares a souligné que cette équipe pourrait rencontrer des difficultés à collaborer avec le Parlement, malgré la majorité de droite. De plus, M. Kast a mis fin à une tradition de passation de pouvoir cordiale, en affirmant que le processus de transition était clos, ce qui a pu créer des tensions dès le début de son mandat.
Des promesses à tenir
Sur le plan des politiques, José Antonio Kast a adopté un discours ferme sur l’immigration, ciblant les migrants sans papiers, principalement vénézuéliens. Il n’a cependant pas précisé ses méthodes pour expulser environ 340 000 personnes vivant illégalement au Chili, et ses promesses de réduire les dépenses publiques de 6 milliards de dollars sans affecter les aides sociales restent floues.
La situation politique et sociale au Chili est complexe, et les défis qui attendent le nouveau président sont nombreux. La manière dont José Antonio Kast gérera ces enjeux sera déterminante pour l’avenir du pays et la satisfaction des attentes de ses concitoyens.