Isabelle Adjani défend sa gestion financière lors d’un procès pour fraude fiscale

Isabelle Adjani, figure emblématique du cinéma français, se retrouve au cœur d’une tempête judiciaire alors qu’elle fait face à un procès pour fraude fiscale et blanchiment. Les audiences, qui se déroulent à Paris, sont l’occasion pour l’actrice de contester les accusations qui pèsent sur elle depuis 2023. Lors de son intervention, Adjani a affirmé être une “proie idéale” pour les escrocs.

EN BREF

  • Isabelle Adjani est accusée de fraude fiscale et de blanchiment depuis 2023.
  • Elle défend sa gestion financière, affirmant avoir été mal conseillée.
  • Le procureur demande jusqu’à 24 mois de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende.

Les accusations reposent sur un jugement rendu en 2023, où la justice a condamné l’actrice à deux ans d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 250 000 euros. Ce jugement découle de la simulation de sa résidence au Portugal en 2016 et 2017, alors qu’elle était en réalité une résidente fiscale en France. De plus, elle est accusée d’avoir dissimulé une donation importante, transformée en prêt en 2013.

Lors de l’audience d’appel le 1er avril 2026, Isabelle Adjani a déclaré :

“Je ne suis pas la voleuse du siècle”

. Elle a mis en avant sa méconnaissance des affaires financières, évoquant une phobie administrative qui l’a poussée à déléguer la gestion de ses finances à des tiers. “Je n’ai jamais rempli une fiche d’impôt”, a-t-elle ajouté, soulignant les conséquences potentiellement désastreuses de sa situation.

La présidente de la cour, Pascaline Chamboncel-Saligue, a souligné la déconnexion d’Adjani face aux réalités financières, lui rappelant qu’elle avait d’autres priorités que la gestion de son patrimoine. L’actrice a rétorqué qu’elle se sentait piégée, affirmant :

“Je suis la proie idéale et j’ai horreur de vous le dire.”

Les montants en jeu sont considérables. En 2023, Adjani devait environ 455 000 euros d’impôts, et elle a reçu 2 millions d’euros de Mamadou Diagna Ndiaye, une somme contestée par le fisc qui y voit une tentative d’évasion fiscale. Malgré ces accusations, elle a assuré qu’elle rembourserait chaque centime.

Lors de l’audience du 2 avril 2026, l’avocat général Laurent Couderc a requis une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis, ainsi qu’une amende de 250 000 euros. Il a également demandé l’exécution provisoire de ces mesures, affirmant que le parquet souhaitait confirmer le jugement initial.

Les débats ont pris un tour plus personnel lorsque l’actrice a reconnu ses limites en matière de gestion financière. Elle a également évoqué des personnes de son entourage qu’elle accuse de l’avoir trompée, notamment un gérant de sa société, Isia Films, ainsi que son ancien compagnon, le médecin Stéphane Delajoux. Ce dernier est également accusé d’avoir causé la mort de sa mère, ajoutant une dimension tragique à cette affaire complexe.

Maître Ralph Boussier, l’avocat représentant la Direction générale des finances publiques (DGFiP), a décrit la situation d’Adjani comme le résultat d’un système orchestré de manière habile.

“Toute la vie fiscale de Madame Adjani est un habillage permanent”

, a-t-il déclaré, soulignant les manœuvres qui auraient permis de dissimuler des transactions financières.

Pourtant, Isabelle Adjani continue de clamer son innocence, affirmant :

“Je ne vais jamais contourner l’impôt… Je n’ai pas l’intelligence de la manœuvre des escrocs.”

Cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur la manière dont les célébrités gèrent leur patrimoine et les responsabilités qui en découlent.

La suite du procès s’annonce riche en rebondissements, alors que l’actrice se bat pour sa réputation et son avenir financier. Les enjeux sont élevés, tant sur le plan personnel que professionnel, et l’affaire ne manquera pas d’attirer l’attention des médias et du public.